




La stupeur commence dès que vous passez la porte. Cafés, thés, boissons chaudes ou froides... D'après nos comptes, il existe 160 boissons dans la célèbre chaîne. Mais que choisir?! Arrêtons-nous sur un chocolat chaud. Un? Pas si vite!
Les options disponibles sont si nombreuses que nous avons dû abandonner notre calculatrice et demander à la brillante Nadia Lafrenière de faire le calcul à notre place. Nadia a obtenu un Ph. D. en mathématiques combinatoires à l'Université de Québec à Montréal et elle est aujourd'hui post-doctorante et professeure à l'Université de Dartmouth aux États-Unis. Nadia est aussi une grande vulgarisatrice scientifique et a été chroniqueuse pour l'émission scientifique L'oeuf ou la poule. Pour être sûrs de ne rien oublier, nous avons demandé à Nadia d'aller sur le site internet de Starbucks et de commander un bon chocolat chaud. C'est parti!
Vous allez devoir prendre plusieurs décisions. Chocolat à la menthe poivrée ou pas Chocolat blanc ou pas? Quelle taille (5 au choix)? Une saveur en sirop (13 au choix) ou pas? Ou plutôt une saveur en sauce — un sirop plus épais (5 au choix) ou pas? Quelle garniture (7 choix, 4 quantités par choix) Quel coulis (2 choix, 5 quantités pour chacun) De la cannelle avec ça (4 quantités)? De la crème fouettée (4 quantités) Du lait, ou un substitut? Si oui, à quelle température (11 types de lait, 3 températures chacun) Une décoration sur le dessus (3 options) Sucre ou édulcorant (8 options, 2 quantités) Pour finir, un peu de mousse de lait (4 options seulement pour les chocolats chauds à la menthe poivrée)
Notre docteure en mathématiques a consciencieusement comptabilisé les possibilités, en s'assurant des options disponibles pour tel ou tel types de chocolat chaud. Voilà le résultat final :
Chocolat chaud sans menthe poivrée : 2 × 5 × 213 × 28 × 47 × 52 × 4 × 4 × 11 × 3 × 3 ×25 = 435 406 604 599 296 000 possibilités
Chocolat chaud avec menthe poivrée (même calcul, mais 4 options de mousse de lait) donc 4 × 435 406 604 599 296 000 = 1 741 626 418 397 184 000 possibilités.
Quand on additionne les deux, on obtient 2 177 033 022 996 480 000 possibilités.
Oui, vous avez bien lu. On parle ici de 2 milliards de milliards de possibilités. Pour UN SEUL chocolat chaud.
Les sociétés occidentales ont établi la liberté comme vertu cardinale. Pour les marques, cette liberté se traduit par le choix. Beaucoup de choix. Un maximum de choix. Une palette de choix si large qu’elle finit par faire angoisser le consommateur. Après le fameux FOMO — Fear Of Missing Out, on observe désormais ce que nous avons baptisé le FOOO — Fear Of Overwhelming Options (les chercheurs parlent de Choice Overload Bias ou d'overchoice)... Et c’est au professeur de psychologie Barry Schwartz que nous devons les explications de ce paradoxe.
Nous sommes en 2004, dans une épicerie. Le chercheur Barry Schwartz a disposé des pots de confiture sur une table. Six sortes au choix. Durant une journée, on observe le comportement des consommateurs. Verdict… 40% des clients s'arrêtent et examinent les pots de confiture. 30% de ceux-ci achètent un pot. Un résultat de 12% de conversion, donc. Le lendemain, Schwartz dispose 24 sortes de confiture... Quatre fois plus de choix! Surprise, 60% des gens s'arrêtent devant l'étal (50% de plus que la veille), mais on découvre alors que seulement 3% de ceux-là sont passés à la caisse avec un pot. C'est dix fois moins de ventes que la veille! Mais que s’est-il passé Le chercheur détaille les raisons de ces observations contre-intuitives. Et il en existe plusieurs.

L’humain est un animal paresseux. Devant un choix à faire, il est devant un effort à faire. Pire encore, cet effort peut devenir inconfortable ou difficile. Bref, l’adepte du moindre effort que nous sommes va inévitablement tenter de différer — voire éviter — d’avoir à faire un choix. Bon. Admettons qu’on y arrive… que se passe-t-il alors
L’humain est un animal doué d’imagination. Une fois le choix final effectué, un doute persiste. Ce doute est stimulé par notre capacité à imaginer que les options B, C, D ou E auraient pu être de meilleures décisions — même si l'option A est objectivement la meilleure. Imaginer les opportunités manquées est plus fort que nous. Mécaniquement, cette imagination vient altérer la satisfaction réelle… Et alors que l’animal repu que nous sommes devrait se réjouir, la fête est gâchée par un « et si ».
L'humain est une machine à calculer et le coût d'opportunité est un concept connu en économie : pour faire un choix éclairé, on mesure les avantages à renoncer aux autres options. Les économistes l’appellent également le coût de renoncement. C’est notre capacité à comparer rationnellement des options. Qu’allez-vous rater Quelle herbe aurait pu être plus verte encore Plus il y a d’options et plus ce « coût » augmente... et plus les regrets grandissent.

L'humain reste un doux rêveur. Et avec toujours plus de choix dans tous les domaines de notre vie, il s’installe inexorablement en nous un fantasme : « cette fois-ci, je vais être comblé »… mais comme nous l’avons vu plus haut, cette attente est vaine. Pourquoi Parce que nos attentes sont devenues intenables et malheureusement, il est devenu impossible que nous soyons agréablement surpris. Au mieux, une marque peut à peine « faire le boulot » de combler nos attentes. L'effet Wow! cède à l'effet ouin...
L'humain est son propre ennemi. Dans le bon vieux temps (à l’époque où l’on ne décidait de rien, donc), il y avait toujours un coupable. C'était pratique pour se plaindre. Le vendeur, la boutique, la marque, le beau-frère qui nous a conseillés, le gouvernement, le curé, le Bon Dieu… Aujourd’hui, quand on a le choix entre 72 modèles de téléphones, 2 millards de milliards de possibilités pour 1 chocolat chaud, des douzaines de saveurs de confiture à notre disposition… on n’a plus d’excuses. Si on se trompe, il ne reste qu'une seule personne à blâmer : soi-même.
Et c’est ainsi que va le monde expliqué par Pr. Schwartz : il va mal. Un cercle vicieux s’installe dans tout : nous avons besoin de liberté, donc de choix. Et ce choix génère un regret immédiat, avant et après notre décision. Les autres options offraient tellement de possibilités abandonnées. Le choix n'est plus une naissance, mais une série de deuils. Et les attentes héritées de toutes nos précédentes expériences sont tellement prégnantes que la déception est assurée, avec un seul coupable possible : vous-même.
Chez Perrier Jablonski, nous avons eu la chance de travailler sur plusieurs mandats où l'abondance devenait un problème. Cela nous permet de vous proposer plusieurs pistes de solutions:
Il n’est pas contestable que nous vivons plus libres aujourd’hui qu’auparavant dans les pays occidentaux. Pour les marques, cette liberté se traduit par toujours plus de choix. Or pour le consommateur, cette profusion d'options devient parfois un fardeau : paralysie, frustration, insatisfaction et culpabilité. La solution : le guider avec des choix-repères établis et rassurants, l'inviter à découvrir d'autres options à considérer à l'avenir (jamais sans lui avoir confirmé que son choix actuel est le meilleur)... mais surtout... ne jamais mettre les gens dans une situation de stupeur avec une abondance de choix plus paralysante que motivante.
→ New York Times : Too Many Choices: A Problem That Can Paralyze
→ HBR : More Isn’t Always Better
2007 : 3 choix possibles
l’iPhone. 1 modèle, 1 couleur, 3 capacités
2023 : 72 choix possibles
iPhone 14 Pro : 2 tailles, 4 couleurs, 4 capacités = 32
iPhone 14 : 2 tailles, 5 couleurs, 4 capacités = 40
Détail des options pour les chocolats chauds:
• À la menthe poivrée ou pas : 2 options
• Chocolat chaud blanc ou pas : 2 options
• Taille (5) : Enfant, Piccolo, Mezzo, Grande, Venti
• Garnitures (47 = 16 384) : 7 différentes, pour chacune, on doit décider pas du tout, un peu, moyen ou beaucoup. Quatre choix à faire pour chacune des sept garnitures, donc 47 options.
• Coulis (52 = 25) : 2 choix à faire (caramel ou moka), 5 options pour chacun (pas du tout, un peu, moyen, beaucoup ou substitut). En tout, 5×5=25 options.
• Cannelle (4) : pas du tout, un peu, moyen ou beaucoup. 4 options.
• Crème fouettée (4) : pas du tout, un peu, moyen ou beaucoup. 4 options.
• Lait (3 x 11 = 33) : Onze options pour le type de lait (crème, lait, boisson de coco, sans lactose, etc.), et trois pour la température (tiède, chaud, très chaud). Ces choix sont indépendants, donc 3 × 11 = 33 options.
• Ajouts de décorations (3) : Rien, décoration moka, décoration caramel
• Édulcorant (28 = 256) : 8 options, pour chacune, on décide si on en veut ou pas (en théorie, on peut aussi déterminer le nombre de doses de chacun). On a deux options pour chaque édulcorant, et on répète le choix 8 fois. C’est donc 28 = 256 options en tout.
• Sirops (213 = 8 192) : 13 options, pour chacune, on décide si on en veut ou pas (en théorie, on peut aussi déterminer le nombre de doses de chacun). Donc, deux choix pour chacune des treize options, soit
213 = 8 192 options en tout.
• Sauces (25 = 32) : 5 options, pour chacune, on décide si on en veut ou pas (en théorie, on peut aussi déterminer le nombre de doses de chacun). Donc, deux choix pour chacune des cinq options, soit 25 = 32 options en tout.
• Mousse de lait, seulement pour les chocolats chauds à la menthe poivrée (4) : pas du tout, un peu, moyen, beaucoup.
Le plus souvent, les marques demandent à leur agence de pub ou aux designers qui veillent sur leur identité de « créer la différence ». Or un problème demeure : bien qu'elles aimeraient se différencier, elles ne le peuvent pas toujours. Pourquoi Parce qu’en réalité, ces marques ont rarement un produit véritablement différent à proposer... À défaut de penser différemment, elles vont faire différemment, ou dire différemment ; et elles pensent qu’en investissant massivement sur leur discours ou leur emballage, elles pourront créer cette illusion de différence, et se frayer un chemin jusqu’au consommateur. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe d’autres chemins à prendre.
Si vous avez réellement un avantage à mettre de l'avant, c'est une bonne nouvelle. On parle ici de caractéristiques évidentes, qui vont vous différencier tangiblement, par exemple : « nous avons la meilleure autonomie dans tout le marché de l’automobile électrique ». Ce qui vous rend unique peut aussi venir de votre processus de fabrication : « nous sauvons des fruits destinés à l’enfouissement pour en faire des jus hors du commun ».
Il est donc important de faire l’inventaire des caractéristiques-produit (ou service) qui pourraient vous aider à faire la différence. Encore une fois, visez les évidences, ce qui vous distingue de manière rationnelle.
Différent, d’accord, mais différent comment Il existe plusieurs types de différenciations.
❶ La sophistication est une différenciation « vers le haut » avec un produit ou service plus élaboré, et donc plus cher que la norme du marché. Cette sophistication doit être tangible et perceptible aux yeux des clients, qui doivent pouvoir donner un sens à la sur-prime à payer : « oui c’est plus cher, mais… ». Attention, la sophistication n'est pas le luxe. C'est un "plus" — pensez aux marques locales telles que les cosmétiques Dans un Jardin, aux huiles de la Maison Orphée, aux crèmes glacées de Bilboquet…
→ La facture de cette sophistication n’est pas toujours à la refilée au consommateur. Parfois les entreprises font des miracles pour modérer l’augmentation du prix ou carrément offrir du premium au prix normal — pensez aux Hôtels Alt, du Groupe Germain.

❷ L’épuration est une différenciation « vers le bas », avec un produit ou service moins élaboré, donc moins cher que la moyenne. Encore une fois, le client doit pouvoir se faire une raison et comprendre pourquoi il paye moins cher : « c’est moins cher car… ». Pensez aux marques-maison des épiceries ou des pharmacies (qui ne dépensent pas en marketing), ou à des enseignes comme Econofitness ou Meubles RD.
→ Comme pour la sophistication, certaines marques assument la différenciation vers le bas, mais en refusent les codes percepteurs. Ainsi, elles cassent les prix, mais défendent la qualité perçue, comme IKEA, WestJet ou BonLook.

❸ L’innovation est une différentiation par la rupture avec le passé, par la nouveauté radicale ou le recadrage d’une industrie complète. C’est un produit ou un service qui n’existait pas avant, qui propose une nouvelle solution à un problème. Pensez au Circuit Électrique, le réseau de recharges pour les voitures électriques ou encore à BIXI.

Contrairement à la sophistication ou l'épuration, la stratégie d'innovation n'a aucun avantage à jouer la carte du prix. Au contraire. Pour s'assurer que la valeur soit perçue, il est fondamental qu'elle soit vendue — sans quoi le consommateur va se retrouver totalement perdu quand viendra le temps de choisir telle ou telle marque.
Il se pourrait que nous n’ayez pas d’avantage tangible à mettre de l'avant. Ne désespérez pas, vous pouvez vous rabattre sur des caractéristiques intangibles. Attention, beaucoup de marques jouent dans ce carré de sable. Évitez les poncifs « plus humain », « proche de vous », « la passion au coeur » et autres banalités telles que « Votre satisfaction avant tout » ou « Depuis 1950 ». Vous avez mieux à raconter!
Attention à ne pas confondre la différence intangible et la différence perceptuelle. La première (intangible) repose sur quelque chose d'immatériel, mais de réel — comme la réputation par exemple. C'est un avantage qu'on doit pouvoir mesurer d'une manière ou d'une autre. La seconde (perceptuelle) n'est qu'une histoire de discours ou de promesse, elle ne repose sur presque rien. Ce souvent le cas des startups californiennes : c'est à celui qui crie le plus fort ou qui est le plus fou.
Il faut alors identifier ce qui fait réellement la différence. Inutile d’être créatif à ce stade. « Notre sauce tomate est faite de produits simples, alors que personne d’autre ne le fait ». « Nous sommes une marque familiale ET locale, et nous sommes les seuls dans dans notre marché », etc. Quand ces caractéristiques sont réelles, et bien exploitées en communication, elles deviennent de véritables armes de séduction massive. Gardez en tête que c’est en tapant toujours sur le même clou que cette répétition se transforme en positionnement dans la tête du consommateur.

Comme savoir si votre différenciateur est vraiment… différentiant Posez-vous les questions suivantes : cet avantage concurrentiel peut-il être copié par les concurrents Vos clients peuvent-ils le substituer par un autre avantage Peut-il rapidement devenir obsolète par ses avancées technologiques Peut-il être « érodé » par l’action des concurrents
C’est à Michael Porter, célèbre professeur de stratégie à Harvard que l’on doit cette réflexion, qui l’a mené à produire une réflexion appelée « les stratégies génériques », en 1980. Cette approche n’a pas pris une ride en quarante ans. Pour Michael Porter, la différenciation n'est qu'une stratégie possible parmi d'autres. On peut aussi produire un avantage stratégique par une stratégie de prix (ou de coûts) bas, ou encore de focus:

Cette stratégie demeure un classique: vaincre par le prix. Cela sous-entend que vous avez vaincu par la baisse des coûts des matières premières, des processus de fabrication, etc. Contrairement aux exemples plus hauts, cette stratégie n'est pas une stratégie de différenciation par l'épuration. Il s'agit d'une stratégie centrale à votre entreprise. Pensez à Costco, où le consommateur peut percevoir — et comprendre l'économie faite sur l'expérience-client, l'économie d'échelle due aux gros volumes, etc. Pensez à Dollarama, où le consommateur connaît d'avance le rapport qualité/prix qu'il va trouver. Il s'agit ici d'un contrat que la marque passe avec le consommateur, et ce dernier doit pouvoir comprendre les raisons de cette économie.

Il est incontestable que le consommateur va rapidement trouver un intérêt à une telle stratégie, mais elle est à manier avec beaucoup de prudence de nos jours.
D'abord, parce qu'elle impose une tension dans une industrie, qui se termine régulièrement par une guerre de prix où tout le monde est perdant. Aussi, les impacts collatéraux sont impossibles à ignorer de nos jours. Pensez à la fast-fashion, à l'intensification des vols aériens en Europe due au low-cost, ou à la pression exercée par les distributeurs sur les producteurs agricoles. Toute baisse de coût a un coût caché. Cet impact est simplement reporté dans le temps ou reporté géographiquement. Mais il demeure bien réel.
Quelques exemples positifs demeurent, notamment ces marques qui visent la démocratisation d'un bien ou d'un service, comme par exemple Decathlon, qui démocratise le sport ou favorise la découverte d'un nouveau sport, en vendant des équipements enfin abordables.
Cette stratégie est évoquée plus rarement, mais elle représente pourtant un pouvoir d'attraction puissant. Le principe est de se concentrer sur un public déjà acquis, captif et ouvert à vos prochaines propositions. Au fil de nos mandats, nous avons pu identifier plusieurs approches dans cette stratégie de focus, comme autant de sous-stratégies:
❶ La stratégie de public. Les équipes de sport sont un bon exemple. Les fans qui achètent des abonnements de saisons seront portés à s'intéresser à d'autres produits connexes : les chandails, les tasses, les casquettes, etc. Pensez à "vos clients à vous". Ces clients acquis ont une grande valeur! Vous n'avez pas à les convaincre! Vous avez simplement à les informer que vous avez aussi tel ou tel produit ou service à vendre. Pour être transparent avec vous, c'est exactement sur cette stratégie que repose notre approche de partage de connaissance chez Perrier Jablonski. Si nous passons autant de temps à écrire des articles et autant d'énergie à les diffuser, c'est que nous savons que si vous avez aimé ça, vous aimerez aussi nos conférences, nos ateliers, notre démarche stratégique, etc. C'est tout simplement le fruit d'une stratégie de public.
❷ La stratégie d'encerclement. Il s'agit ici d'une démarche beaucoup plus visible — plus évidente —, de produits et services interconnectés. Les exemples les plus connus sont Apple, Google, etc. Quand Apple vous a vendu un iPhone, il vous entoure d'une vaste gamme de produits qui vont s'imbriquer idéalement autour de ce nouvel achat. Ainsi, il va être plus commode de le brancher à un Mac, il sera plus aisé de s'abonner à leur app Musique ou d'utiliser le stockage iCloud pour y stocker vos photos. Ce n'est pas *obligatoire*, mais tout est plus simple, plus naturel.
❸ La stratégie d'univers de marque. Il ne s'agit plus de se différencier — c'est déjà fait. Il s'agit ici d'entourer votre consommateur d'autres produits et services dans le même univers que le produit ou service qu'il a aimé au départ. Ce n'est pas une stratégie d'encerclement, car ces options sont déconnectées les unes des autres. Ce n'est pas non plus une stratégie de public, car le transfert de capital-sympathie n'est pas garanti, c'est simplement une proposition de plus. Pour les différencier, dites-vous que la stratégie de public s'adresse aux fans et que la stratégie d'univers de marque est une proposition plus soft, mais qui contribue à la même fin : multiplier les occasions de séduire un public déjà acquis.

Et voilà! Vous avez maintenant plusieurs stratégies à votre disposition pour développer votre entreprise, votre marque... et votre clientèle!
La publicité a un âge d'or. Nous sommes dans les années 50. Un mardi, 11h30. On vient d'arriver au bureau. Le cul confortablement installé dans un siège Charles Eames, un verre de Martini à la main, les deux pieds sur le bureau — à côté de la machine à écrire. Après une bouffée de cigarette et un autre verre de Martini, on imagine le slogan que notre client attendait : More Doctors smoke Camels than any other cigarette. Wow! Ça c'est un slogan qui tue! 12h15, un dernier Martini, une dernière cigarette et la journée est finie. Alors on peut rentrer à la maison à bord de sa Chevrolet 1957 bleu poudre, un autre verre de Martini entre les cuisses et une autre cigarette au bec. La belle vie, je vous dis.
C'est à peu près l'image que la série "Mad Men" nous a livrée, à travers 7 saisons magistrales produites par AMC. Si les moeurs de l'époque décrites au fil des 92 épisodes ressemblent à des crimes majeurs pour notre époque hypersensible, la vie des publicitaires y est décrite avec beaucoup de justesse et de lucidité. La série représente aussi une sorte de nostalgie pour les marketeux d'aujourd'hui, comme un fantasme. Autrefois on avait du temps. Autrefois les clients achetaient de grandes idées. Autrefois on pouvait penser, créer, inventer — et coucher avec tout le monde.
Mais ce qui a fait de cette époque un temps si intéressant, c'est qu'elle a été témoin de l'invention du métier de publicitaire, et plus largement des métiers du marketing. C'est aussi la date de naissance de la creative team par Bernbach : un rédacteur couplé avec un directeur artistique. L'invention de la direction de création, l'invention de la stratégie, mais aussi et surtout, l'invention du brief.
Pour faire simple, le brief est un document essentiel du processus publicitaire. Il permet de définir précisément les objectifs d'une campagne et de guider les équipes média et création dans la conception des campagnes marketing et publicitaires.
Nous avons déjà écrit sur le brief et ses composantes — voire ses complexités. Ici, nous allons retracer les différentes phases de sa création et comprendre comment ces dernières ont bien pu influencer le brief tel qu'il est aujourd'hui. Ça tombe bien, cette histoire est fascinante!
Nous sommes en 1899. Les agences de publicité n'existent pas encore sous la forme actuelle. La fonction stratégique non plus. Le brief, pas encore. Mais dans cette préhistoire publicitaire, on trouve tout de même les prémisses de bonnes pratiques publicitaires à l'attention des clients. Et c'est l'agence J. Walter Thomson, à Boston qui signe le Thompson Red Book, un petit guide pratique pour la production et le placement de publicités. Dans cet ancien testament de la communication, on aborde l'importance de choisir le bon support, le bon message, mais aussi le bon style rédactionnel ou graphique. Sans inventer le brief ou la réflexion stratégique, J Walter Thomson oriente déjà l'attention de ses clients et prospects sur l'importance des différentes facettes de la publicité, alors même que le XXe siècle n'a pas commencé...

Il faut attendre les années 50-60 pour que quelques publicitaires changent les règles. Jusque-là, le brief ne consistait qu'à résumer ce que le client voulait, une sorte de bon de commande pour les créatifs. Dans l'ombre, certains publicitaires s'impatientent et veulent bousculer les règles établies. Leur ambition : créer des campagnes réellement différentes, ancrées dans les besoins et désirs réels des consommateurs. Voici les figures les plus influentes dans la vie du brief. Tout s'est déroulé en quelques années à peine et la chronologie de ces découvertes importe peu, d'autant qu'il est difficile de les dater précisément ou de savoir si elles ont eu des effets les unes sur les autres.
Nous sommes en 1960. Leo Burnett est le premier à vouloir donner des indications claires aux créatifs. L'idée est de rassembler au même endroit tout le nécessaire pour développer le bon message. La méthode CWP est basée sur l'idée que la créativité est plus efficace lorsqu'elle a une compréhension approfondie du problème à résoudre. Ainsi, plutôt que de partir directement sur des idées créatives, cette méthode commence par une série de questions et d'analyses qui orientent la création. Le but est de créer une "étoile polaire", un guide qui éclaire toutes les décisions, du concept à l'exécution.
Bernbach, c'est le B de DDB. Un monument de l'histoire de la pub, véritable papa d'une invention majeure : le concept publicitaire. Son agence va faire passer l'industrie de la réclame à celle de la pub. Les années 50 avaient pourvu les ménages de tout l'attirail du monde moderne (électroménager, automobile, alimentation, médicaments), et le métier se contentait d'injonctions un peu vides d'émotion. Les années 60 vont divorcer du paternalisme étouffant de l'après-guerre et la consommation va devenir un moyen d'émancipation et d'expression. La publicité devient le catalyseur de rêves nouveaux et de produits inédits. DDB va emprunter ce virage et Bill Bernbach est l'artisan principal de cette révolution. Voilà quelques réformes qu'il a su imposer :

Beaucoup moins connu que Bernbach et Leo Burnett, Politt a eu une influence durable sur la façon dont les agences publicitaires abordent le brief. Cet associé de l'agence Massimo Pollitt — qui deviendra plus tard DDB UK — est principalement crédité pour son rôle dans le développement de l'Account Planning, une discipline qui a profondément modifié la structure et la finalité du brief publicitaire. L'idée : créer un pont entre les créatifs et le client. Comme Bernbach, Pollitt met le consommateur au centre. Le brief devient un document vivant, contenant des insights issus de la recherche consommateur, des tendances du marché et des comportements d'achat. Ce changement a transformé le brief d'un simple mandat pour les créatifs en un guide de navigation stratégique pour toute l'agence.
Non, il ne s'agit pas de l'auteur des thrillers qui ont hanté vos nuits depuis les années 70, c'est un autre Stephen King. Un peu comme Pollitt, King est passé un peu inaperçu dans l'histoire de la pub. Pourtant, on lui doit quelques révolutions aussi. D'abord, celle de la stratégie, qui doit s'incarner dans un nouveau rôle en agence : le planificateur stratégique. Véritable responsable du brief, cette personne doit traduire la recherche et les insights en orientations stratégiques pour les créatifs. Une autre contribution majeure de King était son insistance sur l'importance de la recherche consommateur. Pour lui, chaque campagne devrait être basée sur des insights solides et que ces insights devraient être clairement exprimés dans le brief. Cela a conduit à une augmentation de la sophistication des méthodes de recherche et à leur intégration plus complète dans le processus publicitaire. Il est célèbre pour les fameuses "questions de Stephen King", qu'on pourrait lister ainsi :

S'il fallait résumer les leçons de cette histoire en quelques lignes, voilà ce qu'on pourrait évoquer :
Le ton sarcastique de certaines réponses d’Hydro-Québec sur les réseaux sociaux a su attirer l’attention, voire même l’admiration, du public au cours des dernières années. Les amoureux de la joute verbale ont de quoi être ravis et un réseau de fans avides de bons gags et de one liners percutants s’est rapidement mis en place. (On a même créé la page Facebook Passif-Agressif Hydro-Québec, qui répertorie les meilleures réponses, et c’est du bonbon.)
C’est que l'équipe derrière la gestion de communautés de la société d’état (Jonathan Côté, Pierre-Alexandre Buisson et Gabrielle Leblanc) n’y va pas de main morte avec les répliques corrosives quand il s’agit de répondre aux commentaires agressifs. Et des commentaires agressifs, quand il s’agit de pannes d’électricité ou d’augmentation des tarifs, ils en ont beaucoup.
Les exemples sont multiples, mais voici quelques-unes de leurs (désormais célèbres) réponses:
Réponse d’Hydro-Québec à un utilisateur qui cherche un coupable pour sa facture trop élevée:
« Comme vous contrôlez vous-même votre consommation, si vous cherchez un responsable pour le prix indiqué sur votre facture, c’est dans un miroir que vous risquez de le trouver. »

Et maintenant, la réponse à un utilisateur qui a un propos flou sur Walt Disney et l’argent:
« Effectivement, nous ne sommes pas dans Walt Disney. Celui-ci ne s’est jamais vraiment intéressé aux tarifs d’électricité offerts au Québec. S’il l’avait fait, nous aurions eu droit à un superbe film d’animation avec des animaux chantant que nos tarifs sont les plus bas en Amérique du Nord. »

Dans les deux cas ci-dessus, on trouve une façon de répondre quand même à la question, mais on le fait avec le même niveau d’arrogance que celui employé par l’utilisateur. Ils se permettent toutefois d’être plus cinglants et autoritaires quand on parle de santé, comme le démontre cette riposte à quelqu’un qui traite Hydro-Québec de complotiste:

Donc l’humour peut aller loin, si loin d’ailleurs que certains utilisateurs vont même jusqu’à se demander s’il s’agit réellement du compte officiel de la société d’État. Évidemment, le ton varie et s’adapte aux situations. On ne va pas répondre avec sarcasme à quelqu’un qui pose une question sérieuse et courtoise sur les pannes dans son secteur. Mais le besoin de tracer la ligne est tout de même important: jusqu’où peut-on se rendre
Dans une entrevue accordée à Radio-Canada², on apprend que dans le cas d’Hydro-Québec, c’est une réponse un peu poussée à un détracteur qui leur a permis d’établir une limite. Le ton baveux et grivois était peut-être allé trop loin. Ils ont alors établi, avec la direction (et beaucoup d’humilité), qu’ils ne dépasseraient pas cette limite désormais. (Mais ledit exemple est encore disponible dans les liens ci-dessous, parce que maintenant c’est sûr que vous voulez le voir³)
Mais pourquoi risquer autant d’audace Selon Jonathan Côté, un des trois gestionnaires de communautés d’Hydro-Québec, on risque moins en faisant preuve d’audace, qu’en étant trop neutre. On utilise donc l’audace pour se démarquer et capter l’attention des internautes.
Si l’humour est un redoutable rehausseur de goût, il est toutefois malin de savoir l’utiliser avec parcimonie. Tout est une question de compréhension du contexte. Est-ce qu’on peut se permettre le même niveau d’arrogance en pleine crise sanitaire Humm, pas tout à fait. Le début de la pandémie a signifié pour l’équipe de mettre en veille leur approche habituelle pour miser sur plus de bienveillance⁴. Le climat était difficile, les abonnés en détresse; le temps n’était pas à l’humour. Mais au fil du temps, les abonnés ont clairement fait savoir aux gestionnaires qu’ils s’ennuyaient de leur côté baveux, comme quoi la recette était belle et bien gagnante.
C’est d’abord pour humaniser ses communications et se rapprocher de sa clientèle qu’Hydro-Québec a opéré ce changement de ligne éditoriale dans les dernières années⁵. Depuis, la cote d’amour de la société d’état monte en flèche et la répartie légendaire de leurs gestionnaires de communauté y est pour quelque-chose. Par leurs réponses assidues, allant de l’ultra pertinent-sérieux-respectueux au décalé-baveux-sournois, ils démontrent que ce sont bel et bien des humains derrière le clavier et qu’aucune réponse n’est automatisée, qu’ils sont loin d’être beiges et que les trolls n’ont qu’à bien se tenir. Pari risqué, pari gagné.
On aime tous croire au triomphe de la rationalité. En affaires, la logique voudrait qu'une offre objectivement meilleure finisse toujours par s'imposer : un produit plus généreux, un design plus soigné ou un prix plus bas devrait mathématiquement garantir le succès. Vous avez d'ailleurs travaillé dur pour cocher toutes ces cases. Sur le papier, votre offre est imbattable.
Pourtant, face au marché… c’est le flop.
C’est précisément dans ces moments-là qu'il faut commencer à se méfier de la logique pure. Si vous regardez vos tableaux Excel, que vous écoutez vos consultants, que la calculatrice est formelle, et que même ChatGPT vous a donné raison, vous avez… sûrement raison pour vrai.
MAIS… vous risquez de faire un constat hyper frustrant : factuellement, objectivement, indubitablement, vos clients peuvent avoir tort. Ils peuvent se tromper, faire un mauvais calcul, mal juger votre produit ou votre offre… et même prendre une décision contraire à leurs propres intérêts.
Le piège : il existe des scénarios où avoir raison ne sert absolument à rien. Plutôt que de nous accrocher au bon vieux bon sens, mieux vaut observer nos clients de très près pour comprendre comment eux, ils perçoivent la réalité.
Voici trois histoires à peine croyables qui démontrent que vous pouvez avoir raison sur toute la ligne... et vous planter quand même.
Dans les années 1980, la chaîne américaine A&W tente le coup parfait : lancer un burger d'un tiers de livre (1/3 lb) au même prix que le fameux Quarter Pounder (1/4 lb) de McDonald’s. L'équation est simple : plus de viande pour le même prix, dans un secteur ultra-concurrentiel. Sur le papier, l'opération doit faire un carton et grignoter les parts de marché du géant de la restauration rapide. Sauf que dans les faits, c'est le bide total. Les ventes ne décollent pas et la campagne bat de l'aile.
Perplexe face à ce désastre commercial, le propriétaire d'A&W, Alfred Taubman, décide de commander une étude de marché approfondie et d'organiser des groupes de discussion pour comprendre l'origine du problème.
Et là, surprise : il découvre, stupéfait (et déconfit), qu’une bonne partie des clients trouvait ça scandaleux de payer le même prix pour un « tiers » que pour un « quart ». Dans leur logique, 3 étant plus petit que 4, le burger d'A&W était forcément moins copieux que celui de McDonald's. Ils étaient persuadés qu'A&W essayait de les feinter en leur vendant moins de viande au prix fort. Résultat : une offre imbattable a été perçue comme une arnaque, simplement à cause d'une méconnaissance des fractions et d'un biais d'interprétation généralisé.
L’histoire prête à sourire, mais la leçon de marketing est brutale : avoir un avantage produit incontestable ne sert strictement à rien si le client ne le perçoit pas correctement. Rajouter de la matière première n'a servi à rien, car le problème ne venait pas de la recette, mais de la grille de lecture des acheteurs. A&W avait raison sur les chiffres et la quantité, mais face au biais cognitif des consommateurs, la logique n'a pas fait le poids au moment de sortir le portefeuille.

En 2011, Coca-Cola décide de toucher à ce qui semblait intouchable : sa mythique canette rouge.
L’intention est pourtant noble. Pour les fêtes de fin d'année, la marque s’associe au WWF pour soutenir la protection des ours polaires. Elle s'engage à verser jusqu’à trois millions de dollars et lance une opération colossale : fabriquer 1,4 milliard de canettes blanches, floquées d'une ourse et de ses petits. Pour la première fois de son histoire, le rouge iconique s'efface.
Sur le papier, le concept est parfait. Le blanc rappelle la neige, l’Arctique et ces fameux ours polaires déjà indissociables de la marque. Et surtout, rien d’autre ne bouge : c'est strictement le même Coca-Cola, la même recette, le même goût.
Sauf qu'une fois les canettes en rayon, la réalité rattrape la théorie.
En épicerie, c'est la confusion. Beaucoup de clients attrapent la canette blanche en pensant acheter du Diet Coke, habitués à son packaging argenté. Certains ne s’en rendent compte qu’une fois la canette décapsulée. Une cliente diabétique furieuse raconte même avoir acheté plusieurs packs par erreur.
Mais le plus fou reste à venir : une partie des consommateurs se met à jurer que la boisson n'a plus le même goût.
La marque se retrouve alors à devoir répéter l'évidence : non, la recette n'a pas changé. Seul le design a été modifié. Rien n'y fait. Face au grondement, Coca-Cola fait machine arrière. La campagne devait durer tout l’hiver Au bout de quelques semaines à peine, les canettes rouges font leur retour en urgence. Les ours restent, mais le blanc déguerpit.

L’anecdote est fascinante parce que Coca-Cola avait techniquement raison. Si l'appréciation d’un produit tenait uniquement à sa composition, l'histoire s’arrêterait là.
Coca-Cola avait raison. Et pourtant, ses clients n’avaient pas tout à fait tort.
On boit une marque, une couleur, un claquement d'ouverture, un souvenir, une attente. Le rouge ne figurait pas dans la liste des ingrédients sur la canette, mais il était gravé dans la mémoire gustative des clients. En blanchissant l'emballage, Coca-Cola pensait modifier le contenant. En réalité, c'est toute l'expérience qu'ils ont altérée.
La leçon est cuisante : face à un client convaincu que votre produit a changé, avoir raison sur la fiche technique ne sert absolument à rien. Sa perception est la réalité.
Avec le chocolat, le décalage devient presque troublant. En 2012, Cadbury arrondit les angles des morceaux de sa tablette Dairy Milk. L’année suivante, les plaintes s'accumulent : le chocolat serait soudainement devenu trop sucré. La marque affirme n'avoir touché à aucun ingrédient. Seul le moule a changé.

Le chercheur Charles Spence, d'Oxford, s'est penché sur le cas : notre cerveau associe naturellement les formes rondes à la douceur et les formes anguleuses à l'amertume. De quoi expliquer, au moins en partie, pourquoi certains clients ont réellement eu l'impression que leur chocolat était devenu plus sucré. La recette n'avait pas changé. Leur expérience, oui.
Ce phénomène est suffisamment puissant pour avoir un nom : l’effet placebo du marketing. Et une expérience menée en 2005 par les chercheurs Baba Shiv, Ziv Carmon et Dan Ariely en donne une démonstration assez déconcertante.
Les chercheurs proposent à des étudiants une boisson énergisante censée améliorer leurs performances intellectuelles. Certains la paient au prix régulier. D’autres bénéficient d’un rabais important. Puis tout le monde passe exactement le même test : une série d’anagrammes à résoudre.
Logiquement, le prix payé ne devrait absolument rien changer. La boisson est la même. Les ingrédients sont les mêmes. Et pourtant, ceux qui l’ont payée moins cher obtiennent de moins bons résultats.
Autrement dit, le rabais n’a pas seulement changé la valeur perçue du produit. Il semble avoir changé son effet réel sur ceux qui le consommaient.
Les chercheurs poussent alors l’expérience plus loin. Lorsqu’ils attirent explicitement l’attention des participants sur les bénéfices supposés de la boisson avant le test, une partie de l’effet disparaît. Ce n’est donc pas le prix qui agit mystérieusement sur le cerveau : ce sont les attentes qu’il déclenche.
Un prix plus bas peut donc créer une attente plus faible… au point d’influencer l’expérience elle-même.
Quand un client comprend mal votre offre, notre premier réflexe est de lui expliquer pourquoi il se trompe. « Mais non, la livraison est incluse! » « Regardez, c’est écrit juste ici. » Et voilà : problème réglé. Sauf qu’on vient peut-être de passer à côté de l’information la plus intéressante.
Parce que dans la vraie vie, personne ne sera derrière chaque client pour lui expliquer ce qu’il aurait dû comprendre. S’il lit mal un prix, interprète mal une couleur ou passe complètement à côté d’un avantage pourtant évident, c’est ça, la réalité de votre produit.
Alors, avant de corriger, il faut résister un peu. Le laisser se tromper. Regarder où son raisonnement bifurque. Qu’est-ce qu’il a vu À quoi l’a-t-il comparé Qu’est-ce qui lui a fait conclure ça Le malentendu n’est pas un irritant à éliminer : c’est une information à comprendre.
Les chercheurs ont soumis les grands modèles de langage à des dilemmes stratégiques concrets. La réponse, chaque fois, avait la même couleur — celle de la mode managériale. Les chercheurs ont nommé le phénomène « trendslop ». Mais d'autres études viennent nuancer ce verdict. La vérité sur l'IA et la stratégie est plus intéressante — et plus exigeante — qu'un simple pour ou contre.
Les tensions qui définissent la vraie vie des dirigeants
Angelo Romasanta (Esade Business School), Llewellyn D.W. Thomas (University of Sydney) et Natalia Levina (NYU Stern) ont soumis sept grands modèles de langage — ChatGPT, Claude, DeepSeek, GPT-5, Gemini, Grok et Mistral — à sept tensions stratégiques fondamentales. Des tensions binaires, celles que les dirigeants vivent au quotidien et qui exigent de vrais arbitrages.
Différenciation ou leadership par les coûts. Exploration ou exploitation. Court terme ou long terme. Collaboration ou compétition. Innovation radicale ou incrémentale. Centralisation ou décentralisation. Automatisation ou augmentation.
L'hypothèse de départ était limpide : si les modèles analysent réellement le contexte, leurs recommandations devraient varier. Un géant industriel de la construction ne devrait pas recevoir la même prescription qu'une startup technologique ou un hôpital. Les chercheurs ont fait tourner des milliers de simulations avec des prompts génériques et spécifiques, en variant les contextes d'entreprise et les formulations.
Le « trendslop », ou quand l'IA confond popularité et pertinence
Les résultats sont sans appel. Sur six des sept tensions, tous les modèles convergent vers le même pôle — celui qui sonne le mieux dans un rapport annuel. Différenciation plutôt que coûts, 96 % du temps. Augmentation plutôt qu'automatisation, 93 %. Collaboration plutôt que compétition, 78 %. Long terme plutôt que court terme, 62 %. Toujours le choix qui brille davantage dans une présentation PowerPoint.
Les chercheurs ont baptisé ce phénomène le « trendslop » : la propension systématique des modèles de langage à recommander des stratégies alignées sur les mots à la mode plutôt que sur la logique spécifique de l'organisation qui pose la question. Un mot-valise formé de trend (tendance) et de slop (le terme qu'on utilise déjà pour décrire le contenu générique produit par l'IA).
Seule la tension « exploration vs. exploitation » a produit une véritable variation entre les modèles. Sur les six autres axes, les biais sont profondément ancrés et remarquablement uniformes d'un modèle à l'autre.
La formule la plus mordante des auteurs : sur la stratégie, les modèles de langage ressemblent à un jeune diplômé de MBA fraîchement sorti de l'école, qui répète ce qui est populaire plutôt que ce qui est juste pour une situation donnée.
15 000 tentatives pour corriger le biais. Résultat : 2 %.
On pourrait croire que le problème se résout avec de meilleurs prompts. Les chercheurs y ont pensé. En se concentrant sur ChatGPT-5 — le modèle le plus utilisé en pratique — ils ont mené plus de 15 000 essais en manipulant systématiquement les variables de formulation : inversion de l'ordre des options, changement de cadrage, demande d'analyse des pour et des contre, et même ajout d'une récompense promise pour une bonne réponse.
Le résultat est brutal. Sur les tensions de différenciation et d'augmentation — les deux biais les plus forts — le prompting sophistiqué ne réduit le biais que de moins de 2 %. Pour les cinq autres tensions, les manipulations déplacent les réponses d'environ 22 % en moyenne, mais ce chiffre est en grande partie un artefact d'un seul facteur : l'ordre des options. Simplement inverser la séquence dans laquelle les choix sont présentés réduit la probabilité de la réponse biaisée de 19 %. Ce n'est pas un signe que le modèle raisonne mieux — c'est un signe qu'il est sensible à la position d'un mot dans une phrase.
Et le contexte Les chercheurs ont testé plus de 15 000 variantes contextuelles, allant de grandes multinationales à des startups tech, en passant par des banques, des hôpitaux et des organismes à but non lucratif. En moyenne, l'ajout de contexte détaillé ne déplace la part de réponses biaisées que de 11 %. Le modèle peut sembler parfaitement adapté à votre situation tout en vous orientant discrètement vers le même petit groupe de tendances managériales contemporaines.
La sophistication apparente comme forme d'évitement stratégique
Le biais vers les tendances n'est pas le seul problème. Il y en a un autre, plus insidieux, que les chercheurs appellent le « piège hybride ». Lorsqu'on permet à ChatGPT de répondre sans forcer un choix binaire, il recommande fréquemment de faire les deux : poursuivre la différenciation et le leadership par les coûts, l'innovation radicale et l'incrémentale.
En surface, ça sonne sophistiqué et équilibré. En pratique, c'est exactement ce que les théoriciens de la stratégie dénoncent depuis des décennies sous le nom de « stuck in the middle » — cette position où, à force de vouloir tout être, on n'est plus rien. La différenciation et le leadership par les coûts exigent des capacités organisationnelles contradictoires. Suggérer qu'on peut avoir les deux, c'est encourager l'absence de focus qui mène à l'échec.
Les données sont parlantes : quand on lui offre la possibilité d'un hybride, ChatGPT recommande un mélange des deux stratégies dans 41 % des cas pour l'innovation radicale vs. incrémentale, et dans 56 % des cas pour l'exploitation vs. l'exploration. Ce n'est pas de la nuance. C'est de l'évitement déguisé en sophistication.
Un problème plus large, documenté dans plusieurs disciplines
Le trendslop n'est pas un phénomène isolé. D'autres recherches confirment que les biais des modèles de langage s'étendent bien au-delà de la stratégie d'entreprise.
Une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) en 2025 a démontré que les modèles de langage amplifient les biais cognitifs humains dans les décisions morales. Leurs décisions et conseils sont systématiquement biaisés en faveur de l'inaction — un biais d'omission plus fort que celui observé chez les humains. Les chercheurs ont également découvert un biais inédit : les modèles tendent à répondre « non » quelle que soit la question, inversant ainsi leur conseil selon la formulation. Ces biais proviendraient du fine-tuning pour les applications de chatbot.
Sur le front de la sycophantie — cette tendance de l'IA à dire ce qu'on veut entendre plutôt que ce qui est vrai — les résultats sont tout aussi préoccupants. Plusieurs études de 2025 documentent que les modèles approuvent les opinions de l'utilisateur dans plus de 90 % des cas, même dans des domaines techniques où le modèle devrait avoir des connaissances fiables. Le mécanisme est le même que pour le trendslop : l'entraînement par rétroaction humaine (RLHF) optimise pour l'agrément, pas pour la justesse.
Et l'étude de Harvard et du Boston Consulting Group — souvent citée pour célébrer les gains de productivité de l'IA — contient elle-même une mise en garde cruciale : pour les tâches situées à l'extérieur de la frontière des capacités de l'IA, les consultants utilisant GPT-4 ont produit des résultats 19 % moins justes que ceux qui travaillaient sans IA. Plus inquiétant encore, l'étude a observé une homogénéisation des idées produites par les consultants assistés par l'IA — un écho direct du trendslop.
La prospective stratégique, un terrain où les modèles excellent
Il serait malhonnête de s'arrêter là. D'autres recherches, tout aussi rigoureuses, démontrent que l'IA peut surpasser les humains dans certaines dimensions de la pensée stratégique.
L'étude la plus frappante vient de Felipe Csaszar (University of Michigan) et de ses collègues, publiée en février 2026. Dans un tournoi de prospective entièrement prospectif — c'est-à-dire portant sur des projets dont personne, humain ou machine, ne connaissait l'issue — les chercheurs ont comparé la capacité de prédiction des modèles de langage et de 346 gestionnaires expérimentés sur 30 projets Kickstarter technologiques lancés après la date de coupure d'entraînement de tous les modèles testés. Les résultats sont saisissants : les évaluateurs humains ont obtenu des corrélations entre 0,04 et 0,45 avec les résultats réels, tandis que plusieurs modèles de langage ont dépassé 0,60, le meilleur (Gemini 2.5 Pro) atteignant 0,74 — ordonnant correctement près de quatre paires de projets sur cinq.
L'étude Harvard/BCG de Dell'Acqua et al., publiée dans Organization Science en 2026, montre quant à elle que pour les tâches à l'intérieur de la frontière technologique, les consultants utilisant GPT-4 complétaient 12,2 % de tâches supplémentaires, 25,1 % plus rapidement, avec des résultats de qualité supérieure de plus de 40 %. Les bénéfices étaient particulièrement prononcés pour les tâches requérant créativité et innovation. Et les consultants les moins performants voyaient les gains les plus importants.
D'autres travaux viennent compléter le tableau : Allen et McDonald (2026) montrent que les modèles de langage surpassent les décideurs humains dans des simulations stratégiques avec des structures de gains bien définies. Sen et al. (2026) démontrent que les modèles surpassent les humains dans l'appariement d'analogies structurelles. Et Csaszar lui-même, dans un article éditorial de Strategy Science intitulé « Can AI Do Strategy », défend l'idée que l'IA ne reproduira pas l'intuition humaine mais atteindra des résultats stratégiques par ses propres forces : échelle massive, vitesse computationnelle et capacité d'exploration systématique d'espaces de possibilités complexes.
Ce que les deux camps nous apprennent ensemble
Pris ensemble, ces deux corpus de recherche dessinent une frontière remarquablement nette. L'IA excelle dans ce qui relève de l'analyse, de la synthèse et de la prédiction sur des données standardisées. Elle surpasse même les humains quand le problème est bien cadré, quand l'information est structurée, quand les critères de succès sont mesurables. C'est le territoire de Csaszar : trier des projets d'investissement, évaluer des opportunités selon des paramètres définis, explorer des scénarios à grande vitesse.
Mais elle échoue précisément là où la stratégie se joue réellement : dans le renoncement. Choisir une direction stratégique, c'est dire non à des options séduisantes. C'est défendre un pari que la majorité trouverait contre-intuitif. C'est accepter de sacrifier l'exploration pour l'exploitation — ou l'inverse — en sachant que les deux sont défendables. Le modèle de langage, lui, est incapable de renoncer. Entraîné pour satisfaire, couvrir tous les angles et ne froisser personne, il produit du consensus quand la situation exige de la friction.
Cela contredit la théorie stratégique établie. Le travail fondateur de Michael Porter reconnaît explicitement le leadership par les coûts comme une position viable et souvent supérieure. Walmart, Costco, Aldi, Ryanair ont bâti des empires dessus. Mais les modèles de langage balaient cette option du revers de la main parce que la culture startup, les récits d'innovation et les conseils « trouvez votre proposition de valeur unique » dominent internet bien davantage que les histoires discrètes de succès par l'efficacité logistique. Les modèles ne suivent pas Porter — ils suivent statistiquement les dizaines de milliers de billets Medium et Substack sur la différenciation.
L'outil de différenciation qui produit de l'uniformité
Le danger le plus profond du trendslop n'est pas qu'il donne de mauvais conseils. C'est qu'il donne à tout le monde les mêmes conseils. Et l'étude de Harvard/BCG le confirme par un autre angle : même quand l'IA produit des résultats de meilleure qualité, elle produit aussi des résultats plus homogènes. Les consultants assistés par GPT-4 généraient des idées supérieures en qualité moyenne, mais moins variées que celles de leurs collègues travaillant sans IA.
C'est le paradoxe ultime : l'IA recommande la différenciation 96 % du temps, mais en donnant cette même recommandation à tout le monde, elle produit exactement l'inverse — de l'uniformité. Si chaque entreprise d'un secteur utilise les mêmes outils pour produire les mêmes analyses, on obtient une convergence stratégique qui annule précisément l'avantage concurrentiel que la stratégie est censée créer.
Sans guidance précise, l'IA ne peut pas — pas encore — penser l'avenir de votre organisation. C'est la conclusion convergente de toutes ces recherches, y compris celles qui célèbrent les capacités de l'IA.
Le mot clé, c'est guidance. Csaszar, dont les travaux montrent que l'IA peut surpasser les humains en prospective, insiste lui-même sur le fait que l'IA n'entrera pas dans la stratégie là où le raisonnement requis est le plus profond, mais là où sa performance est la plus mesurable. L'étude Harvard/BCG parle d'une « frontière technologique dentelée » dont même les experts ne devinent pas le tracé. Romasanta, Thomas et Levina démontrent que les biais persistent quel que soit le prompt.
Ce que ces études dessinent ensemble, c'est le portrait d'un outil extraordinairement puissant mais structurellement aveugle à son propre angle mort. L'IA ne sait pas qu'elle est biaisée. Elle ne sait pas qu'elle recommande la même chose à tout le monde. Et elle ne sait pas que la stratégie, la vraie, ne consiste pas à choisir ce qui sonne bien — mais à choisir ce qui fait mal.
Le rôle du stratège humain n'est pas menacé par l'IA. Il est redéfini. L'humain n'est plus celui qui fait l'analyse — l'IA le fait mieux et plus vite. L'humain est celui qui refuse les conclusions confortables. Celui qui dit : « Tout ça est séduisant, mais ce n'est pas nous. » Celui qui fait le tri entre ce qui est populaire et ce qui est juste. Celui qui renonce.
Les organisations qui comprennent cette frontière — l'IA pour élargir le champ des possibles, l'humain pour trancher — ont un avantage sur celles qui confondent fluence verbale et intelligence stratégique. Et cet avantage, aucun modèle de langage ne peut le reproduire.
La méthode SCAMPER trouve ses origines dans les travaux de plusieurs penseurs et chercheurs dans le domaine de la créativité et de la résolution de problèmes. Le concept initial a été développé par Alex Osborn, un publicitaire américain et co-fondateur de l'agence de publicité BBDO. Osborn a introduit l'idée de la pensée divergente et des techniques de brainstorming dans son livre de 1953, "Applied Imagination". Bob Eberle, un éducateur et auteur américain, a ensuite adapté et étendu les idées d'Osborn pour créer la méthode SCAMPER. Eberle a présenté cette méthode dans son livre de 1971, "SCAMPER: Games for Imagination Development".
Si au départ la méthode SCAMPER a été conçue pour aider les enseignants et les élèves à stimuler leur créativité et à développer des compétences en résolution de problèmes, elle est aujourd'hui appliquée partout, notamment en design, en ingénierie, en innovation et en gestion de projet.
De quoi parle-t-on au juste L'idée est de générer des idées à la volée, rapidement et sans trop d'effort, en partant d'une idée existante que l'on va transformer. Transformer comment? Nous avons sept consignes à suivre : Substituer, Combiner, Adapter, Modifier, Permettre un autre usage, Éliminer et Renverser — traductions libres de Substitute, Combine, Adapt, Modify, Put to another use, Eliminate, et Reverse.
Dans cet article, nous allons suivre l'exemple du stylo BIC. Nous allons le faire passer dans la "machine SCAMPER". Mais nous allons aussi profiter de l'occasion pour souligner l'ingéniosité, l'inventivité et même le génie québécois, à travers les si nombreuses inventions "d'ici" qui ont changé le monde. Rien de moins!

On pourrait substituer l'encore noire par de l'encre fluorescente, et inventer le marqueur. Ici, l'idée est de remplacer un élément par un autre, et d'imaginer ce que ça donne. Si, dans notre exemple de stylo bic, on substitue la couleur de l'encre par une autre couleur, alors on réinvente son usage...


On pourrait combiner deux objets en un : l'un pour écrire, l'autre pour effacer, et inventer un stylo-correcteur. Ici, l'idée est de fusionner deux produits en un, deux services en un. C'est le syndrome de "qui fait aussi". La montre qui fait aussi podomètre. La radio qui fait aussi réveil. Le couteau qui fait aussi tire-bouchon.


Et si on adaptait notre stylo pour un public précis — comme ici les enfants — qui ont une petit main et moins de force. Ici, l'idée est de modifier votre produit de façon à ce qu'il s'adapte à un certain public. Attention, cela ne veut pas dire que cette nouvelle invention sera uniquement dédiée à ce public-précis. Mais que les besoins particuliers de ce public révèlent un besoin latent pour le reste de la population, qui n'aurait pas nécessairement nommé ce besoin.


Et si on modifiait notre stylo avec plus de liberté Pourquoi pas un stylo à deux couleurs? Trois? Quatre? Ici on veut changer la forme, la taille, la couleur, ou d'autres aspects d'un produit pour le rendre plus attrayant ou fonctionnel. L'idée? Élargir le champs des possibles!


Et si on faisait autre chose de notre stylo? L'idée ici, c'est le détournement. Utiliser un produit ou un concept existant dans un nouveau contexte. Et si on s'en servait pour se maquiller


Et si on éliminait le plastique? Et tiens... et si on retirait l'encre, aussi On pourrait inventer le crayon à papier — ou crayon de bois — qui, vraisemblablement existait avant... mais c'est juste un exemple. Comment pourrait-on imaginer un nouveau produit en retirant quelque chose de vital à son fonctionnement


Notre stylo écrit? Alors il va effacer! L'idée est de dire blanc quand c'est noir, et noir quand c'est blanc. Votre produit est payant? Que faudrait-il inventer pour qu'il puisse être gratuit? Il est gratuit? Que faudrait-il améliorer pour que les gens soient prêts à payer pour? Choisissez une caractéristique, et inversez-la.

Et voilà! Au fil de mes exemples, vous avez peut-être eu le réflexe de reclasser tel ou tel exemple dans telle ou telle autre catégorie. C'est normal. Tout cela n'est pas scientifique, mais plutôt un jeu. L'idée est de produire un maximum de volume d'idées nouvelles... et de trier plus tard.
Recherches : Sandra Chaput-Carrier