Le mouvement « anti-Black Friday » est né dans les années 1990, en réaction directe à l'essor fulgurant du Black Friday aux États-Unis. À l’époque, Ted Dave, un artiste et activiste canadien, lance la Journée sans achats (Buy Nothing Day), dénonçant le consumérisme effréné. Ce concept, popularisé par l’organisation Adbusters, s’est d'abord développé en Amérique du Nord avant de s’exporter à l’échelle mondiale. L’objectif initial était de transformer cette journée de surconsommation en un moment de réflexion sur nos habitudes d’achat et leur impact social et environnemental. À mesure que le Black Friday gagnait en influence, le mouvement a trouvé un écho auprès de militants écologistes, de marques prônant la durabilité et même de citoyens ordinaires, soucieux de repenser leur manière de consommer.
L’anti-Black Friday n’est pas qu’une opposition idéologique : il s’appuie sur des constats concrets.
Au cœur du mouvement anti-Black Friday réside une idée puissante : reprendre le contrôle sur nos comportements de consommation. Face aux stratégies marketing agressives et à la pression sociale incitant à acheter, dire « non » devient un acte d’émancipation. Refuser les rabais illusoires et les achats impulsifs, c’est affirmer que nous ne sommes pas de simples rouages dans une machine commerciale. C’est aussi se reconnecter à ses véritables besoins et valeurs. Ce retour au contrôle passe par des actions concrètes : réparer au lieu d’acheter, favoriser les produits locaux ou tout simplement se contenter de ce que l’on possède déjà. En brisant le cycle de la surconsommation, les adeptes du vendredi "mou" redécouvrent une forme de liberté face à des mécanismes de marché qui dictent souvent nos choix.

Certaines entreprises s’engagent activement contre le Black Friday en adoptant des stratégies qui prônent la sobriété et la durabilité. Voici quelques initiatives marquantes...

Plus près de nous, Partage Club propose une alternative simple et communautaire : emprunter plutôt qu’acheter. Cette plateforme québécoise mise sur la mutualisation des biens pour réduire les dépenses inutiles et l’impact environnemental de la consommation de masse. Plutôt que de se précipiter pour profiter de rabais, les utilisateurs peuvent accéder à une multitude d’objets – outils, équipements de loisirs, électroménagers – déjà disponibles dans leur quartier. Avec un abonnement abordable et soutenu par certaines municipalités, Partage Club incarne une nouvelle manière de consommer, où la collaboration remplace l'accumulation. Cette initiative réinvente le lien social tout en s’opposant aux excès d’une journée dédiée au consumérisme.
Rien ne mobilise autant qu'une crise! Que ce soit la COVID ou les surtaxes de Trump, ces électrochocs ont forcé les Québécois à repenser l’achat local, bien plus qu’aucune campagne n'aurait pu le faire. Mais attention, ces prise de consciences sont parfois temporaires.
Avant de commencer, il convient d'identifier des tendances profondes que les consommateurs ne sauraient identifier eux-mêmes — car il s'agit s'influences psychologiques. Or, ces freins et ces leviers profonds sont indispensables pour qui veut comprendre réellement le consommateur et ses comportement. Nous allons utiiliser deux modèles très populaires chez Perrier Jablonski : le modèle de Maslow (V2) et la théorie de B.J. Fogg sur le changement de comportement. Notre but : décoder les besoins latents des consommateurs. C'est parti!

Un consommateur ne change pas ses habitudes simplement parce qu’il sait que c’est "mieux". Il change lorsque cela répond à un besoin fondamental. Je me suis inspiré de la pyramide de Maslow révisée, voici une lecture des motivations qui influencent les choix alimentaires au Québec :
Si les Québécois affirment vouloir acheter local, pourquoi n’en font-ils pas toujours une habitude ? Le modèle de B.J. Fogg, spécialiste du changement comportemental, nous aide à comprendre pourquoi certaines tendances s’ancrent tandis que d’autres restent superficielles. Selon Fogg, trois éléments doivent être réunis en même temps pour qu’un comportement se modifie durablement :
Une mode, c’est un signal fort mais éphémère, un engouement collectif qui peut disparaître aussi vite qu’il est apparu. Une tendance, elle, s’inscrit dans la durée : elle commence souvent discrètement, mais finit par redéfinir une industrie entière. Entre les deux, il n’y a pas toujours de frontière claire. L’essor de la consommation locale, des protéines végétales ou des aliments fermentés – est-ce une transformation durable ou juste une phase passagère? Difficile à dire...
En attendant, grâce à nos mandats, nos recherches et nos conversations avec des clients, nous avons identifié 12 tendances qui façonnent aujourd’hui l’industrie agroalimentaire québécoise. Certaines deviendront peut-être des piliers du marché, d’autres risquent de s’étioler sous le poids des habitudes et des réalités économiques. Il n’y a pas d’ordre particulier dans cette liste : chacune représente une direction possible, une réponse aux attentes des consommateurs. Mais leur avenir dépendra de leur capacité à surmonter un défi majeur : transformer une intention d’achat en un réflexe quotidien.
Autrefois, un produit pouvait se contenter d’un label "fait au Québec" pour séduire. Aujourd’hui, le consommateur exige davantage de précisions : d’abord la région, puis la ville, puis la ferme, puis le producteur lui-même. Ce phénomène pousse à une ultra-segmentation du marché, où l’identité locale devient un gage de qualité et de confiance. À terme, on se dirige vers une consommation où l’origine exacte d’un produit sera aussi importante que son goût ou son prix.

Le végétal s’impose de plus en plus, non plus seulement pour des raisons de mode, mais parce qu’il répond à des préoccupations écologiques et sanitaires. Cela va bien au-delà des burgers à base de plantes : le Québec voit émerger une nouvelle génération d’aliments végétaux innovants, souvent issus de start-ups locales qui jouent sur la double carte du goût et de la durabilité.

La recherche d’alternatives aux protéines animales s’accélère. Si le tofu et les légumineuses sont déjà bien implantés, d’autres sources comme le chanvre, les algues ou même les insectes commencent à gagner en popularité. Ces options, encore marginales, bénéficient d’un soutien scientifique et entrepreneurial qui pourrait rapidement les amener dans nos assiettes quotidiennes.

Kombucha, kimchi, kéfir : ces produits ne sont plus des curiosités exotiques, mais des incontournables des étagères d’épiceries. La fermentation s’impose non seulement pour ses bienfaits sur la santé intestinale, mais aussi pour sa capacité à prolonger la durée de vie des aliments de manière naturelle. On redécouvre ainsi des savoir-faire ancestraux adaptés aux réalités contemporaines.

L’achat d’aliments en ligne s’est démocratisé à une vitesse fulgurante. Si les grandes surfaces ont tardé à s’adapter, des plateformes locales émergent et misent sur l’expérience utilisateur pour fidéliser une clientèle de plus en plus à l’aise avec les commandes en ligne. Ce canal devient essentiel pour les producteurs locaux, qui y voient une alternative directe aux grandes chaînes de distribution.

Les initiatives pour réduire le gaspillage se multiplient. Que ce soit par des applications de revente d’invendus ou par des emballages plus intelligents, l’industrie alimentaire québécoise cherche des solutions viables pour répondre aux attentes des consommateurs. On assiste aussi à un regain d’intérêt pour les conserves, les produits déshydratés et les techniques de revalorisation des surplus alimentaires.

Le bio reste un critère important, mais il ne suffit plus à convaincre. Les consommateurs cherchent désormais des produits qui allient à la fois bio, local et éthique. La traçabilité devient clé : savoir d’où vient un produit, comment il a été cultivé et par qui. Les marques doivent donc redoubler d’efforts pour prouver leur engagement environnemental et social.

Si le plastique est encore omniprésent, de nouvelles alternatives émergent : compostables, réutilisables, biodégradables. Cependant, la transition est complexe, car elle implique des coûts supplémentaires et des adaptations logistiques. Certaines marques québécoises comme Toundra font figure de pionnières en documentant leurs efforts pour rendre leurs emballages plus durables.

Les aliments ne sont plus seulement achetés pour leur goût, mais aussi pour leurs effets sur la santé. Que ce soit pour renforcer le système immunitaire, améliorer la concentration ou favoriser la récupération musculaire, l’alimentation fonctionnelle se développe rapidement. Cela va de l’ajout de probiotiques aux aliments enrichis en oméga-3, en passant par les superaliments locaux comme les bleuets ou les graines de lin.

Le Québec ne se contente plus d’importer des cuisines du monde, il les adapte et les intègre à sa propre identité culinaire. On voit ainsi des chefs et des producteurs québécois revisiter les saveurs d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine avec des ingrédients locaux. Cette fusion permet de créer des produits uniques, qui respectent les traditions tout en mettant en valeur le terroir québécois.

L’essor des fermes verticales et des potagers urbains témoigne d’un changement profond dans la manière dont nous produisons et consommons nos aliments. De plus en plus de restaurants et de commerces intègrent directement des espaces de culture, permettant de réduire les intermédiaires et d’assurer une fraîcheur optimale.

Manger n’est plus qu’un acte fonctionnel, c’est devenu une expérience. Les consommateurs recherchent du storytelling, des émotions, du lien avec les producteurs. Certains restaurants proposent des immersions complètes dans l’univers de leurs produits, tandis que des initiatives comme les fermes-auberges ou les ateliers de cuisine permettent aux clients de vivre une véritable aventure gastronomique.

Isigny-sur-Mer est une petite ville située dans le département du Calvados en Normandie. Et c'est ici qu'un des meilleurs beurres de Normandie — donc du monde — est né. Le beurre d'Isigny a une histoire fascinante, racontée dans un épisode du Cours de L'histoire de Xavier Mauduit sur Radio France. Philippe Mézy, maître de conférences en histoire moderne à l’Université Bordeaux-Montaigne, et Fabrice Poncet, spécialiste du beurre d’Isigny, détaillent par le menu une histoire qui nous permet de mieux décoder les attributs d'un produit local qui transforme un territoire en terroir, et une marque en repère.
Le beurre d’Isigny trouve son origine dans un terroir normand aux conditions idéales : prairies riches, climat océanique tempéré et une tradition laitière séculaire. Dès le XVIe siècle, des documents attestent de la réputation de cette production, mentionnée comme l’une des meilleures de France. Le secret de ce beurre réside dans une technique de barattage précise et un lait de qualité supérieure, issu de vaches nourries aux pâturages naturels.
Mais le savoir-faire ne se limite pas à la fabrication. Il s’étend aussi à la gestion des troupeaux, à la sélection des meilleures crèmes et à la maîtrise des processus de fermentation et de maturation. La couleur jaune dorée du beurre d’Isigny et son goût de noisette proviennent directement de cette attention portée aux détails. Une anecdote célèbre raconte que Louis XIV lui-même insistait pour que son beurre vienne d’Isigny, convaincu qu’aucun autre ne pourrait égaler sa qualité.
Tout commence avec les matières premières d’exception. Le lait du beurre d’Isigny provient de vaches nourries dans des pâturages riches en oméga-3 et caroténoïdes, garantissant couleur dorée et goût unique.
Les éleveurs ont perfectionné la sélection de races laitières offrant un lait riche en matière grasse et protéines, garantissant une texture crémeuse et un goût raffiné. L’alimentation des vaches varie selon les saisons, assurant un lait constant en qualité. Cette exigence fait du beurre d’Isigny un produit distinctif et recherché.
Dès ses débuts, le succès du beurre d’Isigny a reposé sur sa capacité à voyager et à se conserver. Dès le XVIIe siècle, des convois de "charrettes à beurre" acheminaient le produit vers Paris. Il était vendu sur les marchés locaux avant d’être expédié vers les Halles et les détaillants.
Sans réfrigération, le beurre était salé jusqu’à 15 % ou clarifié pour prolonger sa conservation, permettant son transport outre-mer. Un registre de 1765 atteste de son exportation vers les Antilles.
Avec le chemin de fer au XIXe siècle, la distribution s’intensifie, touchant épiceries fines et hôtels de luxe. Toutefois, ce succès attire des contrefaçons, d’autres producteurs revendiquant frauduleusement l’appellation "beurre d’Isigny".
Le beurre d’Isigny se vendait sur divers canaux. Les marchés locaux en Normandie représentaient une première porte d’entrée, où les producteurs écoulaient leurs stocks directement auprès des consommateurs. Ensuite, il rejoignait les grandes halles parisiennes, où il était prisé par les détaillants et les restaurateurs. Les épiceries fines et les hôtels de renom le proposaient également, lui donnant une image de produit raffiné et prisé des élites.
Cette diversité des lieux de vente a permis au beurre d’Isigny de toucher plusieurs segments de marché, des ménages modestes aux grands chefs. Aujourd’hui encore, on retrouve cet équilibre entre circuits courts, marchés spécialisés et distribution haut de gamme, garantissant une forte visibilité du produit. Si les élites parisiennes et les grands restaurants en étaient friands, il a aussi su séduire les classes populaires grâce à une segmentation du marché. Des produits de différentes qualités et à des prix variés étaient proposés, garantissant une présence sur divers segments.
Face à son succès, le beurre d’Isigny a été victime d’usurpations. Dès le XVIIIe siècle, des marchands peu scrupuleux vendaient des beurres d’autres régions sous son nom. Cette pression concurrentielle a renforcé la nécessité de protéger l’appellation. Ce n’est qu’en 1986 que l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) a été obtenue, confirmée par une Appellation d’Origine Protégée (AOP) en 1996. Cette reconnaissance officielle garantit aujourd’hui une production conforme aux méthodes traditionnelles et protège le produit contre les imitations.
Et si la Normandie inspirait le Québec pour créer des marques-terroir fortes? Voyons voir...
Une marque locale prospère lorsqu’elle s’appuie sur un territoire fort, une distribution adaptée et une communication soignée. L’exemple de nombreuses entreprises québécoises montre que l’authenticité et le savoir-faire sont les clés du succès dans un marché compétitif, et il reste encore beaucoup à faire!
Depuis quelques années, une tendance forte se dessine : les Québécois privilégient de plus en plus les produits locaux. Selon une étude du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), plus de 80 % des consommateurs affirment vouloir soutenir l’économie locale en achetant des produits québécois. Dès lors, des repères sont nécessaires pour naviguer dans l'univers des marques d'ici. Ainsi, on a vu naître au cours des dernières années des marques, qui elles-mêmes démarquaient... des marques, en affichant fièrement lors origines. Derrière cette simple préférence pour le local se cachent des dynamiques assez facile à comprendre :
Pour que l’achat local soit un véritable moteur de développement, il faut que les consommateurs puissent facilement identifier les produits qui proviennent du Québec. C’est ici que les labels, marques et certifications entrent en jeu. Pour cela, il existe plusieurs manière d'identifier la provenance d'un produit. Comme souvent, tout est parti de l'industrie agroalimentaires. Il existe trois types d'identification, qui proposent différents type de "protection" pour le consommateur. Les voici :
Les Indications Géographiques Protégées (IGP) sont un outil essentiel pour promouvoir et protéger les produits locaux tout en renforçant le lien entre un produit et son terroir. Inspirées des Appellations d’Origine Protégées (AOP) européennes, elles permettent aux consommateurs de reconnaître et de sélectionner des produits dont la qualité et la réputation sont liées à une région particulière. Au Québec, les IGP représentent une stratégie essentielle pour valoriser le patrimoine gastronomique et agricole de la province. Une IGP garantit que la production, la transformation ou la préparation d’un produit a lieu dans une zone géographique délimitée et selon des pratiques reconnues. Elle offre une protection juridique au produit contre les imitations et les abus d’appellation, tout en assurant au consommateur une origine vérifiée et un savoir-faire local. C'est la plus stricte, et donc la plus difficile à obtenir. C'est aussi celle qui offre le meilleur niveau de protection. Voici les critères indispensables à son obtention :
Voici deux exemples connus d'IGP :

Contrairement aux IGP, qui valorisent un lien géographique, une certification est une reconnaissance officielle délivrée par un organisme indépendant qui atteste qu’un produit, un service ou une entreprise respecte des normes spécifiques. Ces normes peuvent concerner la qualité des produits, les méthodes de production, les pratiques environnementales, ou encore les conditions sociales et éthiques de fabrication.

Ces certification renforcent la confiance des consommateurs en garantissant la traçabilité, la qualité ou l’éthique derrière un produit. Par exemple, un produit certifié biologique par Écocert assure qu’aucun pesticide de synthèse n’a été utilisé.
Au Québec, où la richesse des terroirs et des savoir-faire artisanaux est une véritable fierté collective, les labels deviennent des outils de marketing territorial puissants, et moins contraignants que la certification. Ils ne se contentent pas de mettre en lumière la provenance géographique ou la qualité des produits ; ils racontent une histoire, celle d’une région, d’un artisanat ou d’un engagement pour la durabilité — mais sans les mêmes garanties que pour les certifications. Disons qu'elles sont idéales pour des producteurs locaux, qui n'auraient pas les moyens de s'offrir une certification officielle, mais qui veulent tout de même promouvoir la qualité (et la provenance) de leurs produits.
Ces initiatives permettent aux petites entreprises de se regrouper sous une bannière commune, augmentant ainsi leur visibilité tout en mettant en avant leur ancrage régional. En s'unissant sous ces labels, les producteurs peuvent non seulement partager des ressources et des stratégies marketing, mais aussi renforcer leur présence sur le marché en tant que collectif. Cela leur offre une plateforme pour raconter l'histoire unique de leur région et de leurs produits, tout en attirant l'attention des consommateurs qui recherchent des produits authentiques et de qualité.
En plus de nos spécialités locales, le Québec a un talent unique : celui de s'approprier des spécialités internationales. En effet, l'emprunte de la gastronomie italienne, française, asiatique, moyen-orientale... et... de partout ailleurs est évidente. Ainsi, les Panettones québécois Viva sont parmi les meilleurs au Monde (2024). Pizza 900 fait la meilleure pizza romaine au Monde (2019), nos fromageries sont désormais reconnues à l'international (Le Détour, Nouvelle-France, La Station, Presbytères), l'huile torréfiée Oliméga a reçu un Bocuse d'Or (2023), les exemples ne manquent pas! Le brassage culturel et un certain amour du savoir-faire de sont pas étrangers à ce succès. Ainsi, le "inventé ailleurs, mais fait au Québec" est une preuve supplémentaire du talent des artisans d'ici, et de la confiance que les consommateurs peuvent leur accorder.

En 2022, une nouvelle marque, "Les Produits du Québec" est venue étendre ce système de certification sous l'impulsion du premier Ministre François Legault et de la ministre déléguée à l’Économie Lucie Lecours. Ces labels peuvent s'apposer sur tout type de produits et services. On y identifie trois niveaux "d'attachement au Québec", chacun répondant à des critères spécifiques :

Chaque année, on se promet d’acheter local… et on finit quand même, un soir de décembre, à magasiner sur les mêmes géants en ligne. Vous pensez que c’est moins cher, plus simple? Pas forcément! On a fait le repérage à votre place : toute l’équipe de Perrier Jablonski a rassemblé 18 idées de cadeaux locaux, testés et approuvés, pour tous les goûts et tous les budgets. De quoi remplir vos bas de Noël presque aussi facilement qu’un panier Amazon — la culpabilité en moins.
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Gourmet Sauvage, c’est l’une des premières entreprises locales qui me viennent en tête quand je pense à un cadeau qui a du sens. Ça fait plus de 25 ans qu’ils mettent en pot des saveurs cueillies à la main dans les forêts québécoises. Pour moi, c’est personnel : je viens des Laurentides, et quand je goûte leurs produits, j’ai l’impression de retrouver ce territoire que j’aime tant. Les pousses de sapin marinées, par exemple, me ramènent là-bas en une bouchée. L’odeur, la texture, le goût, tout est fidèle à ce coin de pays. C’est ça que j’aime : cette capacité à capturer un lieu, une saison, une ambiance, et à le partager.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui aime le terroir, les découvertes et les saveurs subtiles.
J’ai travaillé dans leur boutique de Tremblant quand j’étais plus jeune. J’y ai vu ce que c’est qu’une entreprise qui fait les choses bien : une équipe bienveillante, une vraie expertise, et surtout, une passion contagieuse pour le vélo. Aujourd’hui encore, je recommande cette entreprise à tout le monde. Ce n’est pas juste un bon magasin de vélo : c’est un lieu où les gens prennent le temps de vous écouter et de vous orienter. Leur site propose même des idées-cadeaux selon différents budgets et types de cyclistes. C’est simple, mais c’est bien pensé.
🎁 Pour qui? Pour un cycliste en devenir ou confirmé.
Le P’tit Train du Nord, c’est plus qu’une piste cyclable. C’est une ligne qui relie des communautés, des paysages, et des histoires personnelles. Je trouve que cette marque gagne à être connue et reconnue. Elle commence à se décliner dans des produits dérivés comme des bouteilles, des maillots ou des sacs, mais ce que je recommande, c’est leur Passeport découverte. Un carnet illustré qui transforme une balade à vélo en voyage initiatique.
🎁 Pour qui? Pour un aventurier qui aime pédaler et s’arrêter souvent.

cinéma cinéma (Beaubien, du Parc et du Musée)
Je vais au cinéma Beaubien très souvent, toujours avec le même plaisir. Ce que j’aime, c’est que ces trois cinémas ont une histoire, une âme, une programmation intelligente. Offrir une ciné-carte pour l’un des trois cinémas (Beaubien, du Parc ou du Musée), c’est offrir bien plus qu’un billet : c’est une expérience. En plus, elle donne accès à des rabais dans d’autres institutions culturelles montréalaises, comme des musées ou des théâtres.
🎁 Pour qui? Votre cinéphile préféré.
Ce sont des produits du quotidien (soins du corps, nettoyants…) mais pensés avec intelligence : zéro déchet, recharges écoresponsables, formules solides, etc. Leur gamme est complète, abordable et esthétique. Ce que j’aime particulièrement : la possibilité d’offrir un abonnement, une manière douce de dire à quelqu’un qu’on veut qu’il ou elle prenne soin de soi sans avoir à y penser.
🎁 Pour qui? Un ami écolo ou qui aime prendre soin de lui.
J’aime cette salle parce qu’elle est juste assez grande pour accueillir de grandes voix, et juste assez petite pour rester intime. C’est un lieu hybride : à la fois ancien théâtre, ancienne discothèque, ancienne patinoire. De nombreux artistes québécois et internationaux ont performé dans cette salle : de la grande Sarah Bernhardt à Adele en passant par Prince et Lady Gaga. C’est une salle que j’apprécie pour profiter d’artistes locaux comme Coeur de pirate ou Aliocha Schneider.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui aime la musique en live et qui mérite une soirée inoubliable.

Depuis que j’ai découvert leur bougie odeur Sous-bois, j’en ai toujours une sous la main, que ce soit pour créer une ambiance ou juste pour rendre un mardi un peu plus doux. On l’a allumée après une soirée raclette avec l’équipe, et l’effet a été immédiat. Je profite toujours des promos du Black Friday pour faire mon plein annuel.
🎁 Pour qui? Quelqu’un dont la maison est déjà belle, mais qui mérite de sentir encore meilleur.
J’ai offert ces vins plus d’une fois, et chaque fois, la réaction est la même : un mélange de surprise et de curiosité. Ce que j’aime, c’est qu’on n’a pas besoin d’avoir un diplôme d’œnologie pour y trouver son bonheur. Mes deux recommandations testées, ramenées, et validées :
🎁 Pour qui? Celle ou celui qui vous invite souvent à souper ou qui mérite une bouteille qui sort du lot.
Je suis convaincu que la qualité d’un apéro se mesure aux chips, et celles de Miett sont, à mon humble avis, les meilleures du monde. Fines, croquantes, parfaitement salées, produites en très petites quantités, elles transforment une planche de fromages en événement. Mon goût préféré : sumac : légèrement citronné, inattendu, et totalement addictif. je ne suis pas le seul à les avoir adoptées : on les a testées en équipe, et elles ont disparu en quelques minutes.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui saura reconnaître une chips exceptionnelle quand il en croque une.
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Chaque objet Pony me fait sourire. Il y a quelque chose de doux et décalé dans leurs peluches, leurs illustrations, leurs accessoires. Un vrai univers, reconnaissable entre mille. Leur boutique sur Saint-Hubert est un trésor, et j’ai complètement craqué pour leur casse-tête Pastapocalypse.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui a gardé son âme d’enfant, ou qui mérite un sourire.
Je suis en train de finir La mère des larves de Maude Jarry : un roman étrange, viscéral et puissant. Je l’ai acheté un peu au hasard, sur un coup d’œil à la couverture, et il m’a totalement happée. C’est ça, la magie des libraires : on y va sans attente précise, et on repart souvent avec une lecture qui nous surprend. Les libraires sont attentifs, disponibles, et savent poser la bonne question pour vous orienter, non pas vers ce que vous cherchez, mais vers ce que vous ne saviez pas que vous aviez envie de lire. En plus des livres, on y trouve des jeux, des carnets, des cartes... des petites trouvailles qui font plaisir.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui aime lire ou qui a besoin d’un petit moment pour soi.
Crave est la seule plateforme qui rassemble les séries québécoises les plus marquantes (Empathie, cette année, a mis tout le bureau d’accord) et les grands classiques internationaux. Offrir Crave, c’est offrir du contenu qui fait réagir, et l’hiver, c’est une vraie raison de rester au chaud.
🎁 Pour qui? Un amateur de fiction, de culture et de bonnes discussions.

BIXI, c’est la liberté. On peut maintenant rouler à l’année, même l’hiver. Et cette année, ils ont même ajouté des remorques. Offrir un abonnement saisonnier ou mensuel, c’est offrir une alternative économique, écologique, et rapide aux transports en commun, et un peu de plaisir en prime.
🎁 Pour qui? Une personne qui aime l’autonomie.
J’ai découvert Guru en arrivant au Québec, pendant ma maîtrise. C’était mon allié des fins de session : une boisson énergisante, mais avec des ingrédients naturels et un goût franchement bon. Depuis, je suis restée fidèle à la version originale et à la Lite. Leur image de marque est soignée, leurs saveurs sont variées, et chaque lancement me donne envie d’en tester une nouvelle. Offrir un pack de 24 canettes (ou un assortiment), c’est offrir un peu de concentration en canette, à partager ou à stocker au bureau.
🎁 Pour qui? Un étudiant, un collègue en rush ou quelqu’un qui aime rester allumé sans s’épuiser.
C’est probablement l’endroit où je passe le plus de temps après le travail. Leurs gyms sont ouvertes 24/7, répartis un peu partout au Québec, et les abonnements sont parmi les plus abordables sur le marché. De plus, avec l’abonnement platine ou extra, on peut même partager sa carte avec quelqu’un d’autre, ce qui en fait un super cadeau à deux têtes.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui veut bouger, en douceur et à son rythme.

Je prends mon café sans cellulaire, sans distraction. Juste moi et ma tasse. Barista c’est tout simplement le meilleur café. Grâce à l’abonnement mensuel, je n’en manque jamais, et c’est Noël à chaque mois! Ils offrent même des formations Espresso 101 pour les amateurs qui veulent maîtriser l’art du café de barista à la maison.
🎁 Pour qui? Un amateur de rituels matinaux.
Depuis plusieurs années, je ne jure que par leur crème fluide multi-défense. Elle est légère sans être fade, hydratante sans effet collante, et suffisamment discrète pour qu’on oublie qu’on la porte. Elle protège notre peau contre le vent, le froid, les écrans et le temps. C’est devenu un réflexe, un geste du matin qui rassure. J’aime aussi que ce soit une marque québécoise, accessible, qui ne sacrifie ni la qualité ni le design. Leurs coffrets cadeaux sont particulièrement réussis : joliment présentés, bien pensés, à un prix qui permet de faire plaisir sans se ruiner.
🎁 Pour qui? Quelqu’un qui aime prendre soin de soi sans complication.
Je n’oublierai jamais mon premier match au Centre Bell, à 12 ans avec mon père. Les lumières, le son, l’hymne national chanté par toute la salle, ce n’est pas juste du hockey : c’est un moment fort. Cette année plus que jamais, j’y crois et je pense qu’offrir des billets, un chandail, ou un abonnement à RDS, c’est offrir de l’espoir collectif.
🎁 Pour qui? Un nostalgique, un fan, ou quelqu’un qu’on veut inviter dans cette grande histoire collective, même pour une soirée.
Le secteur touristique se trouve aujourd’hui face à un paradoxe déroutant. D’un côté, les destinations – qu’il s’agisse de régions, de villes ou de sites patrimoniaux – sont engagées dans une quête de croissance constante pour alimenter l’économie locale. De l’autre, les voyageurs aspirent de plus en plus à la “décroissance” en privilégiant des expériences hors saison, loin des foules, plus lentes et authentiques. Ce dilemme peut se résumer en une question simple : comment offrir une expérience authentique à un maximum de gens ? Cette problématique, au cœur du tourisme contemporain, exige une réflexion stratégique approfondie.
L’industrie touristique a longtemps fonctionné sur un modèle de croissance continue. Par cette démarche bien légitime, les offices de tourisme et directions marketing des destinations visent à attirer toujours plus de visiteurs, mais aussi à faire revenir plus souvent les touristes existants, les faire rester plus longtemps et multiplier les activités qu’ils consomment sur place. Chez Perrier Jablonski, nous avons appelé cette approche “N+1”. Cette stratégie se justifie économiquement puisque l'industrie fait vivre des milliers de personnes. Au Québec, comme ailleurs, l’arrêt brutal des voyages durant la pandémie a rappelé le rôle crucial de ce secteur pour les économies locales et nationales. Aujourd'hui, le jeu des tariffs et autres élucubrations américaines bousculent encore les stratégie des destinations. Dès lors, relancer la croissance touristique est un objectif légitime et même nécessaire pour de nombreux territoires.
Les succès touristiques s’appuient historiquement sur une progression impressionnante des flux de voyageurs, et cette croissance a poussé chaque destination à se positionner, à se promouvoir et à rivaliser d’ingéniosité pour attirer sa part du marché.
Le Québec a accueilli 8 millions de touristes provenant de l'extérieur de la province en 2023* — 2,3 millions venaient des États-Unis et 1,8 million d'autres pays. Ces visiteurs ont généré des recettes de 4,1 milliards de dollars.
La stratégie de communication classique consiste alors à mettre en avant les atouts uniques d’un lieu (paysages, culture, événements) tout en cherchant à maximiser la fréquentation. Beaucoup de campagnes touristiques visent à étaler la saisonnalité (remplir les hôtels hors saison, désaisonnaliser), à augmenter la durée moyenne des séjours et à inciter les touristes à revenir découvrir ce qu’ils n’ont pas eu le temps de voir la première fois. En somme, plus de visiteurs, plus souvent et plus longtemps. D'ailleurs la vaste majorité des campagnes publicitaires consistent à montrer le plus d'acitivités possibles dans le moins de temps possible. Au Québec, les agences redoublent de talent — et parfois de génie — pour trouver une manière élégante de représenter cette diversité... sans nous lasser. Cependant, en arrière plan, c'est la même stratégie marketing qui se joue. En voici deux superbes exemples :
Toutefois, cette course aux chiffres se heurte à des limites tangibles. Plusieurs destinations phare – pensons à Lisbonne, à Venise, ou même à certaines attractions très courues du Québec en été – ont expérimenté les effets pervers du surrégime touristique. Sur le terrain, trop de visiteurs au même endroit au même moment risquent de dégrader l’expérience : encombrement, pression sur les infrastructures, hausse du coût de la vie locale et saturation du patrimoine. L’Organisation mondiale du tourisme parle de “sur-tourisme” (overtourism) lorsque l’impact négatif sur la qualité de vie des résidents et la qualité de l’expérience des visiteurs devient préoccupant*. Parmi les signes avant-coureurs figurent la perte d’authenticité culturelle (destinations qui se folklorisent ou se muséifient sous la pression touristique) et l’irritation des habitants qui ne se sentent plus chez eux*. Le tourisme peut alors devenir victime de son succès – un comble pour les responsables marketing qui l’avaient brillamment promu. Cependant, le Québec semble épargné par le phénomène. « Il n’y a pas de surtourisme au Québec, ça n’existe pas. » déclarait Geneviève Cantin, PDG de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ) à la Presse.* Cependant, la prudence et la sagesse nous pousse à devancer certaines réflexions, pour que nous n'ayons jamais à nous rendre jusque-là....
En effet, de nombreuses destinations ont commencé à adapter leurs politiques : quotas de visiteurs, taxes touristiques, limitation des locations de courte durée, etc., sont désormais envisagés pour protéger les lieux et leurs populations. Par exemple, le Machu Picchu impose des créneaux horaires stricts pour éviter la foule, Amsterdam a restreint les locations Airbnb et Venise prévoit un ticket payant pour les excursionnistes. Dubrovnik, après l’engouement suscité par Game of Thrones, limite le nombre de croisiéristes quotidiens et promeut la ville en destination pour toute l’année, au-delà de la haute saison estivale. Ces mesures, qui relèvent de la gestion et des politiques publiques, témoignent que la croissance brute n’est plus l’unique boussole : la croissance durable (qualitative, mieux répartie, respectueuse) s’impose comme nouveau mantra.
De son côté, la SEPAQ a investi un territoire complètement différent — et très inspirant selon moi — le voyage intérieur. C'est en choisissant le poète et slameur David Goudreault que la Société des Parcs à mis de l'avant les bienfaits de Mère Nature sur nous, comme une compagnonne d'inspiration. Ce n'est pas un gallop d'essai, puisque la SEPAQ avait pris le virage de " la nature qui inspire " avec une série magistrale, notamment avec l'artiste-peintre Stéphanie Robert et l’auteur‑compositeur‑interprète Matt Holubowski.*
Bref, une autre voie est possible au Québec, et cette voie est intimement liée à notre géographie, notre topographie, notre histoire et la nature des lieux que nous avons à offrir. Comme je l'ai déjà souligné pour la gastronomie* nous sommes en voie de passer du territoire au terroir, et c'est une bonne nouvelle.
Hors saison, hors sentiers battus, hors normes... On assiste désormais à la montée d’un touriste en quête de sens, de bien-être et d’authenticité, qui valorise la qualité de l’expérience bien plus que la quantité de destinations cochées sur une liste. Plusieurs tendances illustrent cette appétence pour une forme de « décroissance » du côté de la demande touristique...
De plus en plus de voyageurs évitent sciemment les hautes saisons. On remarque clairement une tendance — voire un changement de mentalité : le plein été ou les semaines de fêtes ne sont plus forcément perçus comme le moment idéal, surtout si c’est pour se retrouver noyé dans une marée de touristes. À l’échelle globale, cette tendance est alimentée par une plus grande flexibilité du travail et par le désir d’une expérience plus tranquille. Les voyageurs ont compris que choisir la basse saison garantit souvent un séjour plus calme, moins cher, et paradoxalement plus authentique — car on y côtoie davantage de locaux que de visiteurs.
L'autre levier pour échapper au tourisme de masse, c’est le choix des destinations. Les campagnes de promotion des « pays émergents » ou des régions moins connues portent leurs fruits : on voit un engouement croissant pour les petites villes, les zones rurales, la nature. En fait, les villages et régions méconnues deviennent tendance — comme des refuges de tranquillité. Ce phénomène, parfois qualifié de “undertourism”, est encouragé par certaines destinations elles-mêmes qui communiquent sur leur calme relatif pour attirer ceux que les foules rebutent.
La tendance du slow travel (voyage lent) gagne du terrain. Après des années à promouvoir les city-breaks éclair et les itinéraires marathon, l’industrie voit émerger des voyageurs qui souhaitent ralentir le rythme, s’immerger plus profondément et revenir à une forme de simplicité. Certains recherchent même des destinations paisibles propices à la déconnexion numérique. Ils cherchent des séjours où ils pourront respirer, contempler, se ressourcer. Cette quête de bien-être s’accompagne souvent d’un intérêt pour la nature, le plein air, la spiritualité même (retraites, yoga trips, etc.), loin des attractions touristiques traditionnelles. On est bien loin du tourisme de consommation frénétique : l’idée est de qualifier le temps plutôt que de le remplir coûte que coûte.
Le mot « authentique » revient comme un leitmotiv dans toutes les études sur les attentes touristiques. Selon un rapport de Booking.com cité par adventure.com, 75 % des voyageurs recherchent des expériences représentatives de la culture locale*. Cela signifie que le visiteur d’aujourd’hui ne veut plus seulement voir la vitrine touristique (souvent jugée superficielle ou fabriquée), il veut accéder à l’envers du décor : rencontrer de vrais habitants, participer à des activités locales, goûter la cuisine du terroir, etc. En somme, vivre « comme un local » le temps du voyage, ou du moins avoir le sentiment d’une expérience unique et sincère. Paradoxalement, cette quête d’authenticité est parfois si répandue qu’elle aussi crée de nouvelles foules – on l’a vu avec le succès du tourisme communautaire ou des “expériences Airbnb” censées offrir du local et qui, à grande échelle, perdent de leur exclusivité. Néanmoins, le message est clair : la valeur perçue d’un voyage se mesure à l’authenticité ressentie.
En résumé, le touriste d'aujourd'hui veut moins de monde et plus de sens. Il rêve d’une plage sauvage sans voisins de serviette, d’un musée sans la file d’attente, d’un village authentique non dénaturé par les boutiques de souvenirs – bref, il veut se sentir privilégié tout en ayant une expérience sincère. Cette aspiration entre en tension frontale avec les objectifs de volume des stratégies N+1 évoquées plus haut. C’est ici que se situe le nœud du paradoxe.
Alors comment, concrètement, une destination peut-elle poursuivre ses objectifs de croissance tout en répondant à l’appel des consommateurs pour des expériences plus authentiques et douces? Voici quelques idées à considérer...
Il est crucial de revoir les indicateurs de succès touristiques en privilégiant la satisfaction des visiteurs, la dépense moyenne et l’impact local plutôt que les seuls chiffres de fréquentation. Communiquer sur « la qualité plutôt que la quantité » permet de démontrer une approche respectueuse des visiteurs et des résidents. Par exemple, valoriser l’augmentation de la durée moyenne des séjours ou les retombées économiques par visite est une stratégie gagnante.
Segmenter les publics permet d'offrir une expérience véritablement authentique. En diversifiant les récits selon les attentes spécifiques, on préserve un sentiment d'exclusivité tout en ciblant simultanément différents groupes. La communication multicanal, incluant médias sociaux et marketing relationnel, permet ainsi de valoriser à la fois des expériences intimes et des événements grand public, sans perdre en authenticité.
Promouvoir les voyages hors saison ou vers des destinations moins fréquentées limite efficacement la saturation touristique. Mettre en avant les charmes d'une destination hors saison (par exemple l’hiver en Gaspésie ou Montréal au printemps) ou encourager la découverte de régions alternatives comme la Côte-Nord plutôt que le Saguenay aide à disperser les flux touristiques tout en offrant des expériences uniques et moins courues. Le tourisme dans les communautés autochtones constitue également une voie prisée : au Canada, 1 touriste international sur 3 manifeste un intérêt marqué pour ces expériences authentiques, selon Destination Canada (2023).
L’implication des communautés locales est essentielle pour garantir une véritable authenticité. Le storytelling collaboratif, valorisant la parole des habitants, des artisans locaux et des communautés, rend les offres touristiques plus crédibles et attrayantes. C'est une autre occasion pour la culture autochtone de s'exprimer loin des caricatures. D'ailleurs, cette niche est en croissance annuelle de 7 %.
L’innovation en gestion touristique, comme les systèmes de réservation ou des jauges limitées, crée une exclusivité positive. Communiquer clairement sur ces dispositifs (par exemple, « visites en petit comité garanties ») renforce leur attractivité et rassure les visiteurs sur la qualité préservée de leur expérience touristique.
Enfin, intégrer pleinement les valeurs de durabilité, d’authenticité et de bien-être dans la communication touristique renforce l’image des destinations. La nouvelle Stratégie québécoise de croissance durable du tourisme 2025-2030 illustre cette tendance. En adoptant un ton transparent sur les enjeux environnementaux et de fréquentation, les destinations peuvent susciter l’adhésion des touristes responsables, privilégiant ainsi une relation durable et consciente.
Toutes ces approches ont un point commun : elles demandent de la finesse, de l’innovation stratégique et une vraie vision à long terme. On n’y est plus dans la simple promotion publicitaire d’attraits touristiques, on est dans la gestion de la désirabilité d’un territoire sur la durée, avec ses contraintes et ses richesses. C’est un chantier passionnant, mais complexe, qui justifie parfois (souvent) un appel à votre firme stratégique préférée... Comme par exemple... Perrier Jablonski. 😇
Il existe de nombreux rapports et site internet qui regorgent de données. J'ai choisi trois rapports ultra riches et complets. Mes critères? Mesurer la réalité plutôt que les intentions, et mélanger les données locales aux données internationales :
Et voici les recommandations qu'on y retrouve!