




Une présentation efficace n'est pas un monologue bien structuré. C'est une chaîne — cinq maillons distincts, dans un ordre précis, où chacun prépare le suivant. Si un seul cède, tout lâche. Si l'ordre est inversé, ça ne fonctionne pas non plus.
La chaîne, la voici : séduire, persuader, convaincre, rassurer, mobiliser. Et non, ce n'est pas un hasard si les preuves arrivent en troisième position.
Avant même de parler de preuves ou de logique, il faut créer un appétit. C'est le rôle de la séduction.
Sandrine Sorlin, chercheuse en pragmatique du discours et auteure d'un chapitre marquant dans Manipulation, Influence and Deception (Cambridge University Press, 2023), définit la séduction comme ce qui « atténue la pression sur l'interlocuteur » en mobilisant des ressorts linguistiques, cognitifs et pragmatiques. La séduction ne force rien. Elle ne demande rien. Elle attire. C'est précisément ce qui la distingue de la persuasion et de la manipulation : elle agit sur le désir, pas sur la pensée ni sur l'action.
Les neurosciences confirment cette séquence. Le cerveau reconnaît une image en 0,1 à 0,2 seconde — et une réponse émotionnelle s'active en moins d'une demi-seconde, bien avant les zones d'analyse cognitive consciente. D'abord on ressent, ensuite on pense. Si la première émotion est neutre, l'attention ne s'engage pas.
Dans une présentation, séduire, c'est ouvrir avec quelque chose qui donne envie d'écouter la suite. Une question inattendue. Une image forte. Un silence bien placé. Le modèle AIDA, formulé par Elias St. Elmo Lewis en 1899 et toujours enseigné un siècle et quart plus tard, commence exactement là : par l'attention. Pas par l'argument. Par le désir de savoir.
Le piège? Confondre séduire et divertir. Le stand-up, c'est du divertissement. La séduction en présentation, c'est de la tension narrative. On ne cherche pas le rire. On cherche le silence attentif.
L'attention est captée. L'appétit est là. Et la tentation serait de foncer dans les chiffres. Erreur. Personne n'ouvre la porte de sa raison à quelqu'un qui n'a pas d'abord parlé à son humanité.
Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, dans leur Traité de l'argumentation (1958) — un des textes les plus cités en sciences humaines —, définissent comme « persuasive » une argumentation qui « ne prétend valoir que pour un auditoire particulier ». Persuader, c'est adapter son discours aux gens précis qui sont devant nous. Leurs préoccupations. Leurs valeurs. Leurs peurs. C'est montrer qu'on a compris leur monde avant de leur demander d'entrer dans le nôtre.
Aristote, 2 300 ans plus tôt, avait identifié trois leviers : le logos (la raison), l'ethos (la crédibilité de l'orateur) et le pathos (l'émotion). À ce stade de la chaîne, c'est surtout l'ethos et le pathos qui travaillent. On établit la connexion. On crée le terrain de confiance sur lequel les preuves pourront ensuite être reçues.
La psychologie contemporaine le confirme. Richard Petty et John Cacioppo, dans leur Elaboration Likelihood Model (1986), distinguent deux routes de traitement de l'information : la route centrale (analyse attentive des arguments) et la route périphérique (jugement rapide basé sur des indices contextuels — crédibilité perçue, assurance, sympathie). Pour qu'un auditoire emprunte la route centrale — celle où vos preuves seront réellement examinées —, il faut d'abord qu'il soit motivé à le faire. Et cette motivation, c'est la persuasion qui la crée. Si votre auditoire ne se sent pas concerné, il restera en mode périphérique et jugera votre présentation sur votre ton de voix ou la qualité de vos slides. Ce n'est pas de la superficialité — c'est de la psychologie cognitive de base.
Concrètement, persuader, c'est nommer le problème de l'auditoire avant de proposer sa solution. C'est utiliser leur vocabulaire, pas le nôtre. C'est raconter une histoire où ils se reconnaissent — pas une histoire où on se met en valeur.
Maintenant que votre auditoire vous écoute et se reconnaît dans votre propos, sortez l'artillerie rationnelle. Perelman et Olbrechts-Tyteca le distinguent clairement : est « convaincante » une argumentation « censée obtenir l'adhésion de tout être de raison ». C'est le logos pur. Les faits, les données, les démonstrations qui tiennent la route indépendamment de qui les entend.
C'est le maillon que les ingénieurs adorent et que les créatifs sous-estiment. Sans lui, on a un beau discours, mais aucun fondement. Remarquez cependant : la conviction arrive en troisième position. Parce qu'un fait lancé à quelqu'un qui ne vous fait pas encore confiance, c'est juste du bruit. En termes de Petty et Cacioppo : c'est un argument central présenté à un auditoire en mode périphérique. Ça ne passe pas.
Alan Monroe, professeur à Purdue University, avait compris cette mécanique dès 1935 en concevant sa « Motivated Sequence » — cinq étapes pour les discours persuasifs : attention, besoin, satisfaction, visualisation, action. Le « besoin » — montrer à l'auditoire que quelque chose le concerne — précède toujours la « satisfaction » — la solution et ses preuves. On ne démontre pas avant d'avoir connecté.
Convaincre, dans la chaîne, c'est le moment des chiffres, des benchmarks, des études de cas quantifiées. Mais des chiffres qui arrivent après que l'auditoire a compris pourquoi il devrait s'en soucier.
On oublie systématiquement ce maillon. Et c'est souvent là que les présentations échouent. Quelqu'un dans la salle est persuadé ET convaincu, mais il ne bougera pas. Pourquoi? Parce qu'il a peur. Du risque. Du changement. Du jugement de ses pairs.
La théorie du jugement social de Muzafer Sherif et Carl Hovland (1961) explique ce blocage. Chaque personne possède une « latitude d'acceptation » (les positions proches de la sienne), une « latitude de non-engagement » (les positions neutres) et une « latitude de rejet » (les positions trop éloignées). Si votre proposition tombe dans la latitude de rejet, aucun argument ne passera. Pire : l'auditoire percevra votre position comme encore plus éloignée qu'elle ne l'est. Sherif appelle ça l'« effet de contraste ». Vous êtes à 10 degrés d'écart, ils en perçoivent 25.
Rassurer, c'est réduire cette distance perçue. C'est montrer que le changement proposé n'est pas un saut dans le vide mais un pas à partir de ce qui existe déjà. Concrètement : les études de cas, les précédents, les pilotes, les témoignages de pairs. Tout ce qui dit « d'autres l'ont fait avant vous et ils sont encore vivants ».
C'est aussi le moment de nommer les risques — pas de les cacher. Un présentateur qui dit « voici ce qui pourrait mal tourner, et voici comment on le gère » est infiniment plus rassurant qu'un présentateur qui prétend que tout ira parfaitement.
La plupart des présentations finissent sur un slide « Questions? » — ce qui revient à dire « bon, j'ai fini, débrouillez-vous avec tout ça ». C'est un gâchis monumental.
Mobiliser, c'est transformer l'adhésion en action. Le modèle AIDA se termine par le A de « Action » pour une raison : sans appel clair, l'attention, l'intérêt et le désir se dissipent. Monroe terminait sa Motivated Sequence par un appel à l'action qu'il voulait « simple, immédiat et concret ». Pas dans cinq ans. Maintenant.
Mobiliser ne veut pas dire « qu'en pensez-vous? ». Ça veut dire : « voici ce que je recommande, voici la prochaine étape, et voici ce dont j'ai besoin de votre part ». C'est une demande. Précise. Formulée. Assumée.
La mobilisation, c'est l'endroit où la présentation cesse d'être un discours et devient un levier. C'est aussi, paradoxalement, la partie la plus courte. Une ou deux phrases suffisent — à condition que les quatre maillons précédents aient fait leur travail.
Si vous inversez les maillons, ça ne fonctionne pas. Convaincre avant de persuader? Vous lancez des faits dans le vide — des arguments centraux face à un auditoire en mode périphérique. Rassurer avant de séduire? Personne n'écoute. Mobiliser sans avoir rassuré? Tout le monde est d'accord en théorie, personne ne bouge en pratique.
D'abord capter. Puis connecter. Puis prouver. Puis sécuriser. Puis demander. Aristote le savait. Perelman l'a formalisé. Monroe l'a séquencé. Petty et Cacioppo l'ont expliqué. Et nous, on en fait une chaîne — parce qu'une chaîne, ça se vérifie maillon par maillon.
La prochaine fois que vous préparez une présentation, ne commencez pas par vos slides. Commencez par votre chaîne. Et demandez-vous, pour chaque maillon : est-ce que ça tient?
Si oui, vous aurez votre oui.
Une présentation efficace suit une chaîne de cinq maillons dans un ordre précis : séduire (capter par le désir, pas par le divertissement), persuader (parler à l'humain devant soi pour activer la route centrale de traitement), convaincre (aligner les preuves rationnelles une fois l'auditoire prêt à les recevoir), rassurer (réduire la distance perçue entre la position de l'auditoire et la proposition) et mobiliser (formuler une demande claire et immédiate). La conviction arrive en troisième position parce qu'un fait lancé sans confiance préalable n'est que du bruit. Si l'ordre est inversé, la chaîne casse.
OUVRAGE FONDATEUR · Perelman, C. et Olbrechts-Tyteca, L. (1958). Traité de l'argumentation : la nouvelle rhétorique. Presses Universitaires de France. Distinction fondatrice entre « convaincre » (adhésion de tout être de raison) et « persuader » (auditoire particulier). Plus de 20 000 citations.
OUVRAGE FONDATEUR · Aristote. Rhétorique. (env. 350 av. J.-C.). Traduction J.H. Freese, Harvard University Press (1926). Première formalisation des trois leviers de persuasion : logos, ethos, pathos.
CHAPITRE — OUVRAGE COLLECTIF ACADÉMIQUE · Sorlin, S. (2023). « Persuasion, Manipulation, Seduction », in Manipulation, Influence and Deception. Cambridge University Press. Définit la séduction comme atténuation de la pression discursive, distincte de la persuasion et de la manipulation.
OUVRAGE FONDATEUR — PSYCHOLOGIE SOCIALE · Petty, R. E. et Cacioppo, J. T. (1986). Communication and Persuasion: Central and Peripheral Routes to Attitude Change. Springer-Verlag. Modèle ELM (Elaboration Likelihood Model). Route centrale (traitement attentif) vs route périphérique (indices contextuels). Plus de 20 000 citations.
OUVRAGE FONDATEUR — PSYCHOLOGIE SOCIALE · Sherif, M. et Hovland, C. (1961). Social Judgment: Assimilation and Contrast Effects in Communication and Attitude Change. Yale University Press. Théorie des latitudes d'acceptation et de rejet. Effet de contraste.
OUVRAGE — COMMUNICATION PERSUASIVE · Monroe, A. H. (1935). Principles of Speech. Scott, Foresman. Motivated Sequence en cinq étapes : attention, besoin, satisfaction, visualisation, action. Purdue University.
PUBLICATION ORIGINALE · Lewis, E. St. Elmo (1899). « Side Talks about Advertising ». The Western Druggist, 21 février, p. 66. Première formulation du modèle AIDA.
Le modèle écologique du développement humain formulé par le psychologue américain d’origine russe, Urie Bronfenbrenner, dans les années 70, propose d’étudier le développement d’une personne par l’entremise de ses interactions avec l’environnement. Cette théorie accorde une grande importance aux relations et aux changements, ainsi qu’aux pressions qu’exerce l’environnement sur une personne et vice-versa. Une analyse conduite à partir de ce modèle permettra de faciliter les transitions, favoriser l’adaptation à de nouvelles situations, encourager la prise de décision éclairée, apprendre à reconnaître ses biais, gérer les risques, planifier une intervention, etc.
C'est le nom original de l'analyse de cet environnement qui implique l’assemblage de plusieurs systèmes en interaction. Ainsi, le premier modèle proposé par Bronfenbrenner dans The Ecology of Human Development (1979) était composé de quatre systèmes qui s’emboîtaient les uns aux autres. La métaphore la plus souvent utilisée pour représenter ces systèmes imbriqués est celle des poupées russes [2]. Afin d’assurer la pertinence de son modèle, Bronfenbrenner a réfléchi plus tard à un modèle intégré du développement qui prendrait aussi en compte les dimensions psychologiques, biologiques, comportementales et temporelles du développement. L’intégration de ces dimensions a abouti à la tétrade processus-personne-contexte-temps (PPCT).

Pour comprendre le développement humain, il faut comprendre les types de relations qui existent et coexistent entre les systèmes et à l’intérieur de ces derniers. Le schéma ci-dessous illustre les six systèmes de la version actualisée du modèle écologique de développement humain de Bronfenbrenner:
L’application de ce modèle à des enjeux réels ou perçus vise à améliorer les relations à l’intérieur d’un système ou entre les systèmes, à en créer de nouvelles ou à identifier les relations toxiques ou favorables dans l’environnement. En améliorant les relations, il est possible de réduire les inégalités, mieux comprendre différentes réalités, adapter ou créer des programmes qui répondent à des besoins concrets.
On sait bien qu'un bon pitch, c'est du coeur, de la passion, de l'émotion. Mais votre interlocuteur est là pour entendre une histoire cohérente. En voici les secrets... qui n'ont pas changé depuis 400 ans. Nous sommes demeurés rationnels et notre raisonnement fonctionne de la même manière depuis cette époque. Et il se trouve que René Descartes a formulé très précisément quatre règles : l’évidence, l’analyse, l’ordre, le dénombrement. Par métaphore, nous allons en faire un guide idéal qui vous aidera à mettre en marché un produit ou un service. Ce guide nous permettra de développer un argumentaire convainquant.
Le raisonnement, c’est le doute. Le doute de tout. Descartes recommandait de douter de tout, dans la limite du raisonnable — par exemple vous êtes bel et bien en train de lire cet article. Pour un produit, l’évidence... c’est ce qui ne fait aucun doute, c’est l’atout majeur, celui qui fait la différence, c’est l’argument-star. Nous pourrions prendre n’importe quel produit ou service comme exemple, mais nous avons choisi un produit connu de tous : l’iPhone 11 Pro. Quelle est la promesse d’Apple? L'iPhone 11 Pro, c’est un pro... Voilà. Quand on parle d’évidence. Voyons désormais les preuves avancées par le fabricant.
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Dans tout processus scientifique, on découpe pour comprendre. La règle de l’analyse, c’est couper un problème en plusieurs morceaux pour mieux l’analyser. C’est comme vous dire « je vais partager cet article en quatre parties pour vous permettre de me suivre ». Continuons avec l'iPhone 11 Pro. Que dit Apple sur son site internet? « Caméra, écran, performances. Version Pro ». On a bel et bien un découpage précis des arguments qui vont permettre au consommateur d'en évaluer le produit. Ce sont les trois choses à retenir. Ces trois choses-là et pas d’autres.
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C’est la révélation la plus puissante de Descartes. Il faut résoudre les problèmes « du plus simple au plus complexe ». Il recommande également « d’avancer prudemment », c’est-à-dire de ne pas aller trop vite pour ne pas perdre les gens au passage. Il faut les « emmener avec vous ». Suivons Apple dans sa démonstration. “Caméra, écran, performances”... Si vous visitez la page produit d'Apple, vous découvrirez qu’Apple ne fait que taper sur ces trois mêmes clous. Trois arguments qui sont répétés, encore et encore... mais à chaque fois, les arguments sont de plus en plus techniques. Suivons le fil de l’écran par exemple. C’est d’abord un « Écran Rétina », puis un « écran Rétina XDR avec HDR », puis un « écran à contraste de 2 000 000:1 », puis une « gamme de couleurs étendue (P3) », puis plus loin encore une « luminosité maximale de 800 nits ». Vous voyez la progression des arguments? Du plus simple... au plus compliqué. Le client novice s’en tiendra aux premiers arguments, l’expert voudra connaître tous les détails techniques. Mais inutile d’ennuyer tout le monde avec des détails techniques au début de votre démonstration.
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Dans toute démonstration, on veut pouvoir revenir en arrière, on veut pouvoir « remonter » vers l’idée de départ. Est-ce que cet attribut que vous mettez en avant sert la cause d’un des trois arguments que vous avez choisis? Et si on remonte plus haut, est-ce que ça sert la promesse de votre marque? Assurez-vous de la cohérence de vos arguments.
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Il existe plusieurs plateformes de vidéoconférence. En ce moment, celles dont on entend le plus parler sont Zoom, Meet de Google, Teams. Il y a aussi les traditionnels Facetime, Messenger et Skype... Chacune de ces applications peut offrir différentes fonctions: facilité d'utilisation, partage d'écran, partage de documents, sécurité des données, enregistrement de la réunion, nombre de participants, etc. C'est à vous de voir ce qui est important pour vous... et surtout pour votre client.
Une fois que vous vous êtes entendus sur une plateforme, pour une expérience plus stable et plus complète, préférez l'utilisation de l'application plutôt que la version web. Ensuite, c'est l'heure des tests techniques. Faites des tests. D'abord seul pour apprivoiser la plateforme, puis, re-faites encore des tests avec des amis ou votre conjoint.e. pour tester les fonctions. Ensuite, préparez votre client: envoyez-lui un petit guide de connexion, avec les grandes étapes et les infos pratiques puis partagez les documents que vous consulterez ensemble.
Ne vous leurrez pas, il y aura des problèmes techniques. Prévoyez du temps au début de la réunion pour les ajustements. Cela réduira le stress de tout le monde. Et surtout, ayez un plan B: gardez le numéro de téléphone de votre client près de vous et appelez-le si cela devient trop compliqué.
Et pour une réunion plus confortable, vous pouvez faire appel à un "facilitateur", qui peut gérer pour vous la technique et la zone de clavardage. Ceci est essentiel si vous êtes en mode "conférence" pour un groupe de personnes.
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Dans un échange, plusieurs éléments rentrent en compte pour que le message soit bien compris, seulement 7% passent par les mots. 38% par la voix, grâce aux éléments prosodiques (le rythme, l'intonation, la prononciation, l'accent, etc.) et les 55% restants, c'est le non verbal (le regard, les mimiques, les gestes, le maintien). Alors, dans une vidéoconférence, quand notre message est bien préparé, comment s'assurer que l'on tienne compte de tout le reste?
L'attention de l'interlocuteur est concentrée sur vous, il vous voit en plein écran. Le décodage est bouleversé, car l'attention de tous est divisée entre le virtuel et le réel: votre conversation et ce qui se passe autour (les enfants à surveiller, le chat qui passe, le facteur qui sonne). Voici donc quelques conseils pour vous aider à mettre toutes les chances de votre côté. Ces conseils sont basés sur un équilibre entre être professionnel et rester authentique. Le brief: imaginez que vous allez prendre un café avec votre client un samedi matin.
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Un plus ? Utilisez des écouteurs. Votre client n'aura pas le doute que quelqu'un d'autre autour de vous entend votre conversation. Et pour vous assurer d'être le moins dérangé possible, prévenez votre entourage.
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Un pitch, c'est bien plus qu'une suite d'idées bien formulées. C'est une véritable orchestration d'arguments, choisis avec soin, organisés dans le bon ordre, exprimés avec le bon ton. Car convaincre un investisseur, séduire un client ou rallier un partenaire ne repose jamais uniquement sur la logique. Cela passe aussi par l'émotion, la preuve sociale, la valeur partagée, ou encore la simplicité d'une solution qui fait mouche.
Maîtriser les différents types d'arguments, c'est s'offrir la liberté de construire un discours qui frappe juste, qui emporte l'adhésion et qui transforme une simple écoute en véritable engagement. Certains arguments rassurent, d'autres inspirent. Certains déclenchent une décision immédiate, d'autres construisent une confiance durable. Le secret ? Choisir le bon levier au bon moment, selon son auditoire et selon l'objectif du pitch.
Voici donc les principaux types d'arguments à connaître, illustrés par un même exemple concret : on va changer la machine à café du bureau! Voyons voir...
Lorsque l'on cherche à convaincre un public rationnel, l'argument logique est incontournable. Il s'appuie sur des faits concrets, des chiffres et des statistiques vérifiables. Ce type d'argument montre que l'idée proposée repose sur des bases solides et qu'elle répond de manière mesurable à un besoin ou un problème. En apportant des preuves tangibles, on réduit l'incertitude et on rassure les décideurs.
L'argument d'analogie permet de rendre une idée complexe plus accessible en la comparant à une situation familière. Cette approche aide l'auditoire à mieux comprendre et à visualiser le concept en s'appuyant sur des repères connus. L'analogie crée des ponts cognitifs qui simplifient le raisonnement et rendent le message plus marquant.
Au-delà des chiffres, ce sont les émotions qui déclenchent l'action. L'argument émotionnel joue sur des sentiments universels – comme l'espoir, la peur, l'appartenance ou la nostalgie – pour créer une connexion profonde et immédiate. Une bonne histoire ou une image forte peut marquer les esprits bien plus qu'un raisonnement logique. Cet argument est essentiel quand on veut engager le public à un niveau personnel.
Face à des auditoires sceptiques, l'appui d'une figure reconnue ou d'une institution crédible peut faire toute la différence. L'argument d'autorité consiste à s'appuyer sur des experts, des certifications ou des références solides pour légitimer le propos. Cela rassure, crédibilise et renforce la confiance envers l'idée présentée.
Quand le pitch est aligné avec les principes et les croyances du public, il devient plus puissant. L'argument de valeur met en lumière les convictions partagées, créant un sentiment d'appartenance et de cohérence. Cela permet d'ancrer l'idée dans des principes forts, qu'ils soient environnementaux, sociaux ou culturels.
Parfois, la meilleure façon de convaincre, c'est de montrer l'efficacité directe et les bénéfices immédiats. L'argument utilitaire met en avant ce que l'auditoire a concrètement à gagner en termes de temps, d'argent ou d'effort. Il répond à la question classique : « Qu'est-ce que j'y gagne ? »
Ce qui est rare est souvent perçu comme précieux. L'argument de rareté crée un sentiment d'urgence en soulignant le caractère limité ou exclusif d'une opportunité. Il incite à l'action immédiate et réduit les hésitations.
Les histoires sont puissantes, car elles rendent les idées concrètes et mémorables. L'argument narratif consiste à raconter un cas réel ou une anecdote marquante qui illustre le problème et la solution. Cela humanise le propos et capte l'attention.
Comparer pour mieux convaincre. L'argument de contraste présente deux situations opposées : une sans la solution et l'autre avec. Cela permet de mettre en lumière la valeur ajoutée et les bénéfices tangibles.
Le comportement des autres influence fortement nos décisions. L'argument social s'appuie sur le principe de la preuve sociale en montrant que d'autres personnes ou entreprises ont déjà fait ce choix.
Face à la complexité, la simplicité séduit. Cet argument met l'accent sur la facilité d'utilisation, d'implémentation ou de compréhension d'une solution.
Quand l'aspect financier est central, cet argument permet de montrer le retour sur investissement ou les économies réalisables. Il répond directement à la préoccupation du « combien ça coûte ? ».
Certaines décisions reposent sur des principes éthiques ou responsables. Cet argument appelle à l'engagement moral ou à l'action solidaire.
Quand le marché est saturé, se démarquer devient crucial. Cet argument met en valeur les spécificités uniques qui distinguent la solution de la concurrence.
S'inscrire dans les tendances futures peut rassurer sur la pérennité d'une idée. Cet argument montre que la solution est en phase avec les évolutions à venir.
En fin de compte, un pitch convaincant ne repose pas sur un seul type d'argument, mais sur l'art de les combiner avec justesse. L'enjeu est de savoir quand rassurer, quand émouvoir, quand prouver et quand inspirer...
C'est à Mendelow (1991) que nous devons la grille d'évaluation d'influence appelée "Stakeholder Analysis". Elle est parfaite pour analyser les différents intérêts qui pourraient être représentés dans une pièce, en face de vous, pendant un pitch. Elle se présente sur deux axes, selon l'intérêt et le pouvoir de la personne.
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Typiquement, c'est votre client. C'est LA personne à séduire, à persuader. Elle a à la fois un grand intérêt pour votre proposition, mais aussi un pouvoir important. Votre mission ? L'engager dans votre discours, vous assurer qu'elle adhère à vos arguments.
Il peut s'agir ici du "boss" de votre client. Ici, il faut comprendre que cette personne n'a pas un grand intérêt, ou même une bonne compréhension de votre présentation (dans les cas de pitchs techniques par exemple). Cette personne est simplement venue "jeter un œil", ou s'assurer du choix de son équipe. Votre mission ? Il faut la satisfaire. Il faut s'assurer que cette personne ne fera pas "barrage" à votre proposition.
Ici, on peut imaginer un stagiaire, ou une nouvelle recrue dans l'équipe. Elle a beaucoup d'intérêt... mais peu de pouvoir. Votre mission ? Gâtez-les! Donnez-leur des informations, apprenez-leur des choses. Il pourrait influencer un peu le choix... et qui sait... ils seront peut-être en position de pouvoir bientôt...
Typiquement, on parle ici d'un responsable des achats, d'une personne du "procurment" — venue uniquement vérifier la conformité du processus de pitch par exemple. Aucun intérêt, aucun pouvoir. Votre mission? Surveillez cette personne du coin de l’œil.. Évaluez le non verbal. Rien de plus.